Le Corpus minskois de René Guénon

Année 1949

– Dans la revue Études (n° de décembre 1948), le R. P. Jean Daniélou a publié un article intitulé Le yogi et le Saint, à propos de différents ouvrages concernant les doctrines hindoues, parmi lesquels les nôtres : nous devons dire franchement que, d’après ce que nous avions eu l’occasion de voir de lui précédemment sur d’autres sujets, nous nous serions attendu à plus de compréhension de sa part. Il est vrai que, au début, il a soin de marquer une différence entre la doctrine traditionnelle authentique telle que nous l’exposons et « l’hindouisme moderne, nous dirions presque moderniste », que d’autres s’attachent à présenter, et cela est assurément très bien ; mais, par la suite, il ne maintient guère rigoureusement cette distinction essentielle, si bien qu’on ne sait plus toujours très exactement à qui ou à quoi s’adressent ses critiques et ses objections, et qu’en définitive elles aboutissent malheureusement à une méconnaissance complète de l’idée même de la tradition. Il renouvelle la confusion qui consiste à parler de « mystique » au sujet de l’Inde, et il éprouve même le besoin de ressusciter la conception d’une soi-disant « mystique naturelle » lancée jadis par quelques philosophes « néo-scolastiques » dans les Études carmélitaines, qui elles-mêmes en sont d’ailleurs arrivées maintenant, comme on a pu le voir par ce que nous en avons dit récemment, à adopter une nouvelle attitude assez différente de celle-là… Nous n’entrerons pas dans le détail des erreurs d’interprétation qui, pour la plupart, ne sont que des conséquences plus ou moins directes de cette équivoque : ainsi, pour en donner un exemple, le Yoga n’est nullement assimilable à l’« union mystique », et toute comparaison qu’on prétendra établir en partant d’une telle assimilation sera nécessairement faussée par là-même. Nous ne comprenons d’ailleurs pas comment l’auteur, écrivant que « la mystique hindoue est une mystique de l’unité impersonnelle » a pu mettre en note une référence pure et simple à un de nos ouvrages, ce qui risque fort de faire croire à ses lecteurs que nous-même avons dit cela ou quelque chose d’équivalent ; un semblable procédé nous paraît pour le moins étrange, et il est difficilement concevable aussi qu’on puisse pousser l’incompréhension jusqu’à qualifier de « subtil syncrétisme » l’affirmation de l’unité transcendante de toutes les formes traditionnelles ! Mais ce qui est peut-être le plus curieux, c’est ceci : tout ce que le P. Daniélou dit des insuffisances de toute « sagesse humaine » est parfaitement juste en soi, et non seulement nous sommes entièrement d’accord avec lui là-dessus, mais nous irions même volontiers encore plus loin que lui en ce sens ; seulement, nous ne saurions trop protester contre l’application qu’il veut en faire, car, lorsqu’il est question de la tradition hindoue, et d’ailleurs également de toute tradition quelle qu’elle soit, ce n’est aucunement de cela qu’il s’agit, la tradition n’étant précisément telle qu’en raison de sa nature essentiellement supra-humaine. Les intentions les plus « conciliantes », si elles n’impliquent pas la reconnaissance de ce point fondamental, tombent en quelque sorte dans le vide, puisque ce à quoi elles s’adressent n’a rien de commun avec ce qui existe en réalité, et elles ne peuvent même qu’inciter à quelque méfiance ; une allusion à une tentative poursuivie actuellement pour créer une mystique chrétienne de structure « hindouiste » donne en effet à penser que certains n’ont pas renoncé aux visées « annexionnistes » que nous avons dénoncées autrefois. Quoi qu’il en soit, la conclusion qu’il nous faut surtout tirer nettement de tout cela, c’est qu’aucune entente n’est réellement possible avec quiconque a la prétention de réserver à une seule et unique forme traditionnelle, à l’exclusion de toutes les autres le monopole de la révélation et du surnaturel.

– La Revue de l’Histoire des Religions (n° de juillet-décembre 1948) contient un article de M. Mircea Eliade intitulé Le « dieu lieur » et le symbolisme des nœuds ; il s’agit en premier lieu de Varuna, mais, dans l’Inde vêdique elle-même, celui-ci n’est pas le seul « dieu lieur », et, d’autre part, on trouve dans les traditions les plus diverses des concepts qui répondent au même « archétype », et aussi des rites qui utilisent le symbolisme du « liage », en l’appliquant d’ailleurs dans les domaines multiples et très différents les uns des autres. M. Eliade remarque très justement que ces similitudes n’impliquent pas nécessairement une filiation « historique » comme celle que supposent les partisans de la « théorie des emprunts », et que tout cela est loin de se laisser réduire exclusivement à une interprétation « magique » ou même « magico-religieuse » et est en connexion avec toute une série d’autres symboles, tels que « le tissage du Cosmos, le fil de la destinée humaine, le labyrinthe, la chaîne de l’existence, etc. » , qui en définitive se rapportent à la structure même du monde et à la situation de l’homme dans celui-ci. Il nous paraît particulièrement important de noter ici le rapport du symbolisme des nœuds avec celui du tissage, et d’ajouter que, au fond, tous ces symboles se rattachent plus ou moins à celui du sûtrâtmâ dont nous avons souvent parlé ; en ce qui concerne le symbolisme « labyrinthique », nous rappellerons notre article intitulé Encadrements et labyrinthes (n° d’octobre-novembre 1947) et l’étude d’A. K. Coomaraswamy à laquelle il se référait et que mentionne aussi M. Eliade ; il est d’ailleurs possible que nous ayons encore à revenir sur cette question.

– Un article de M. E. Lamotte sur La légende du Buddha est surtout, en réalité, un exposé des vues discordantes qui ont été soutenues sur ce sujet par les orientalistes, et notamment des discussions entre les partisans de l’explication « mythologique » et ceux de l’explication « rationaliste » ; d’après ce qui est dit de l’état actuel de la question, il semble qu’on ait fini par reconnaître généralement l’impossibilité de séparer les éléments authentiquement biographiques des éléments légendaires. Cela n’a sans doute pas une bien grande importance au fond, mais ce doit être plutôt pénible pour des gens aux yeux desquels le point de vue historique est à peu près tout ; et comment pourrait-on faire comprendre à ces « critiques » que le caractère « mythique » ou symbolique de certains faits n’exclut pas forcément leur réalité historique ? Ils en sont réduits, faute de mieux, à comparer les textes pour tâcher d’en dégager les « états successifs » de la légende et les divers facteurs qui sont censés avoir contribué à son développement.

– Dans le deuxième n° d’une revue intitulée Hind, qui semble accueillir indistinctement des choses fort disparates (il paraît que cela s’appelle être « objectif »), mais dont la tendance dominante est visiblement très « moderniste », un orientaliste, M. Louis Renou, a donné, sous le titre L’Inde et la France, une sorte d’historique des travaux sur l’Inde faits en France depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Cela ne présente évidemment, dans son ensemble, aucun intérêt spécial à notre point de vue ; mais il s’y trouve un paragraphe qui mérite d’être reproduit intégralement (il s’agit de l’utilité qu’il peut y avoir à « conserver un certain contact avec cette masse anonyme de lecteurs au sein desquels peut surgir un jour une vocation », et qui n’est sans doute pas autre chose que ce qu’on appelle communément le « grand public ») : « ce contact ne doit pas, cependant, être recherché au détriment de la vérité. Il y a toujours quelque abus de pouvoir à trancher dans l’arène de questions délicates, surtout pour un domaine comme l’indianisme où tant de problèmes attendent leur solution. Mais tout est une question de mesure. Ce qui est franchement malhonnête, c’est d’utiliser l’Inde et la spiritualité indienne pour bâtir d’ambitieuse et vaines théories à l’usage des Illuminés d’Occident. Par le foisonnement des systèmes, par l’étrangeté de certaines conceptions, la pensée indienne donnait ici, il faut l’avouer, quelque tentation. C’est en partant de notions et d’images indiennes, plus ou moins déformées, que sont nées les sectes néo-bouddhistes, les mouvements théosophiques qui ont pullulé en Occident. Le succès des élucubrations d’un René Guénon, ces soi-disant révélations sur la Tradition dont il se croit le détenteur, montrent assez le danger. On veut distinguer à côté de l’indianisme officiel ou universitaire, voué, comme on nous dit, à la grammaire, un indianisme qui seul atteint à l’essence des choses. En réalité, un indianisme de voyageurs superficiels, de journalistes, quand ce n’est pas celui de simples exploiteurs de la crédulité publique, qui se flattent d’instruire un public ignorant sur le Vêdânta, le Yoga ou le Tantrisme ». Tous ceux qui ont la moindre connaissance de notre œuvre sauront apprécier comme il convient l’« honnêteté » du procédé qui consiste à placer la phrase qui nous vise, et dont ils pourront admirer par surcroît l’exquise politesse, entre la mention des théosophistes et celle des voyageurs et des journalistes ; si incompréhensif que puisse être un orientaliste, il n’est tout de même guère possible qu’il le soit au point de n’avoir aucunement conscience de l’énormité de pareils rapprochements. Nous souhaiterions à M. Louis Renou, ou à n’importe lequel de ses confrères, d’avoir fait seulement la millième partie de ce que nous avons fait nous-même pour dénoncer la malfaisance de ceux qu’il appelle les « Illuminés d’Occident » ! D’un autre côté, nous n’avons assurément rien de commun avec les voyageurs, superficiels ou non, ni avec les journalistes, et nous n’avons jamais fait, fût-ce occasionnellement, ni l’un ni l’autre de ces métiers ; nous n’avons jamais écrit une seule ligne à l’intention du « grand public », dont nous ne nous soucions nullement, et nous ne pensons pas que personne puisse pousser plus loin que nous le mépris de tout ce qui est « vulgarisation »). Ajoutons que nous ne prétendons être le « détenteur » de quoi que ce soit, et que nous nous bornons à exposer de notre mieux ce dont nous avons pu avoir connaissance d’une façon directe, et non point à travers les « élucubrations » déformantes des orientalistes ; mais évidemment, aux yeux de ceux-ci, c’est un crime impardonnable de ne pas consentir à se mettre à leur école et de tenir par-dessus tout à garder son entière indépendance pour pouvoir dire « honnêtement » et « sincèrement » ce qu’on sait, sans être contraint de le dénaturer pour l’accommoder à leurs opinions profanes et à leurs préjugés occidentaux. Maintenant, que nous en soyons arrivé à être considéré comme un « danger » à la fois par les orientalistes « officiels ou universitaires » et par les « Illuminés d’Occident », théosophistes et occultistes de toute catégorie, c’est là une constatation qui ne peut certainement que nous faire plaisir, car cela prouve que les uns et les autres se sentent atteints et craignent de voir sérieusement compromis le crédit dont ils ont joui jusqu’ici auprès de leurs « clientèles » respectives… Nous noterons encore que l’article en question se termine par un éloge de Romain Rolland, ce qui est un trait bien significatif en ce qui concerne la mentalité de certaines gens ; après l’attaque encore plus ridicule qu’odieuse que M. Louis Renou a trouvé bon de lancer contre nous, sans même essayer de la justifier par l’ombre d’une critique tant soit peu précise, nous éprouvons une certaine satisfaction à le voir déclarer qu’il « ne pouvait mieux clore cette étude qu’en évoquant la mémoire » de ce personnage dont le sentimentalisme niais s’apparente d’assez près à celui des théosophistes et autres « néo-spiritualistes » et a d’ailleurs tout ce qu’il faut pour plaire au « public ignorant » qui se laisse prendre aux racontars des journalistes et des voyageurs. Enfin, détail vraiment amusant, l’article est accompagné, en guise d’illustration, de la photographie d’un fragment de manuscrit sanscrit dont le cliché a été mis à l’envers ; ce n’est sans doute là qu’un accident de mise en pages, mais qui n’en a pas moins en quelque sorte une valeur de symbole, car il n’arrive que trop souvent aux orientalistes d’interpréter les textes à l’envers !

– Dans Atlantis (n° de septembre 1948), M. Paul Le Cour (il s’est décidé pour cette fois à signer d’une façon « normale »), se mettant À la recherche d’une doctrine, la commence par un prétendu exposé du Brahmanisme, qui, comme on pouvait s’y attendre de sa part, n’en est en réalité qu’une odieuse caricature ; outre les fantaisies habituelles sur la « race aryanne » ou « arganne » et sur Aor-Agni, il y a là à peu près autant d’erreurs que de mots, et il y en a même par surcroît quelques-unes qui ne se rapportent pas au Brahmanisme, témoin cette assertion vraiment énorme que « les Soufis sont les tenants du Mazdéisme » ! Le but principal de ce beau travail semble être, non seulement de dénigrer l’Inde une fois de plus, mais plus particulièrement de persuader à ses lecteurs qu’elle a tout emprunté à l’Occident, surtout à la Grèce et… au Christianisme nestorien : il n’en est évidemment pas à un anachronisme près. Tout cela ne mérite certainement pas qu’on s’arrête à le relever en détail, et ce serait franchement risible si, au fond, il n’était pas plutôt triste de voir s’étaler ainsi tant de haineuse incompréhension. En ce qui nous concerne, nous devons constater que, malgré toutes nos rectifications, il s’obstine à nous attribuer, pour la vingtième fois peut-être, une phrase, toujours la même, que nous n’avons jamais écrite ; dans ces conditions, est-il encore possible d’admettre qu’il le fait avec une entière bonne foi ? Au surplus, nous devons encore lui signifier expressément que nous n’avons jamais entendu nous faire le « propagateur » de quoi que ce soit, et aussi que nous n’avons jamais eu aucun « disciple ». Dans un compte rendu dérisoire du livre de notre collaborateur F. Schuon (il s’est encore amusé, suivant son habitude, à compter les mots de certaines phrases) il a laissé échapper une affirmation qu’il est bon d’enregistrer : il écrit que « l’intuition intellectuelle, c’est l’esprit d’invention, la technique, l’instinct des insectes, des castors » (combien cela est « intellectuel » en effet !), ce qui revient à dire que, en dépit de toutes nos explications précises, il la confond purement et simplement avec l’intuition Bergsonienne, ou qu’il confond le supra-rationnel avec l’infrarationnel ; cela seul ne suffit-il pas à donner assez exactement la mesure de la compréhension dont il est capable ? Voilà quelqu’un qui est vraiment bien qualifié pour dénoncer chez les autres de prétendues « erreurs »… qui n’en sont que pour ceux qui, comme lui, ignorent totalement le véritable sens des doctrines traditionnelles !

– Dans Atlantis, M. Paul Le Cour, s’étant mis À la recherche d’une doctrine, avait commencé ce qu’il lui plaît d’appeler une « étude objective » par une pitoyable diatribe contre le Brâhmanisme dont nous avons parlé en son temps (voir n° de janvier-février 1949), et il a continué en s’occupant du Bouddhisme. Nous n’avons pas eu connaissance du n° qu’il a consacré au Bouddhisme en général, mais seulement du suivant (n° de janvier 1949), dans lequel il est plus spécialement question du Lamaïsme ; naturellement, on y retrouve la plupart des opinions qui traînent un peu partout en Occident : déclamations contre les « pratiques grossières et superstitieuses », ce qui vise surtout le Tantrisme ; confusion qui fait prendre les mantras pour des « formules magiques » ; attribution d’un caractère « mystique » à ce qui est tout autre chose en réalité, allant même jusqu’à parler d’une « initiation mystique », qu’il faudrait d’ailleurs distinguer d’une « initiation ésotérique » ayant simplement pour but de « procurer les pouvoirs » ! Laissons là ce beau gâchis, et constatons seulement que l’auteur énonce triomphalement, dans ses conclusions, que le Lamaïsme « ne remonte qu’au VIIe siècle de notre ère », comme si jamais personne avait prétendu le contraire ; il est vrai que cela permet de supposer sans trop d’invraisemblance qu’il a été « influencé par le Christianisme », ce qui explique sa satisfaction ; à part cela, nous ne trouvons guère, comme digne d’être noté, que le reproche bien amusant qui est fait au Bouddhisme de « ne pas se préoccuper du démiurge » ! En ce qui nous concerne, M. Paul Le Cour nous traite encore de « propagandiste de l’Hindouisme » ; nous devons donc lui signifier une fois de plus que nous n’avons jamais été le « propagandiste » de quoi que ce soit, et que, étant donné tout ce que nous avons écrit aussi explicitement que possible contre la propagande sous toutes ses formes, cette assertion constitue une calomnie bien caractérisée.

P. S. – On nous a signalé que, dans une Histoire de la Littérature française publiée récemment par M. Henri Clouard, il y avait un passage nous concernant ; nous en avons été fort étonné, car notre œuvre n’a assurément, à aucun point de vue, rien de commun avec la littérature. Cela était pourtant vrai, et ce passage témoigne d’ailleurs d’une assez remarquable incompréhension ! Comme il n’est pas très long, nous le reproduisons intégralement pour que nos lecteurs puissent en juger : « René Guénon, savant auteur d’une Introduction à l’étude des doctrines hindoues (1921), et qui estime avoir trouvé dans l’Orient de Tagore et même de Gandhi le seul refuge possible d’une intellectualité désintéressée et pure (Orient et Occident, 1924), a construit dans Les États multiples de l’être une métaphysique de l’ascension à Dieu par une série d’épurations qui équivaut à une longue expérience mystique. Le lecteur a le droit de se demander si le Dieu de Guénon est autre chose qu’un état subjectif de sérénité ; il accepte en tout cas de voir traiter en dangereuses idoles Science et Progrès ; il se laisse enseigner une philosophie du détachement. Mais il se rappelle avec scepticisme et mélancolie ces premières années de l’entre-deux-guerres où l’on écoutait l’Allemagne défaite vaticiner sur le déclin de l’Occident, où la traduction du livre anglais de Fernand (sic) Ossendowski Bêtes, Hommes et Dieux (1924), faisait fureur, et où l’Europe parut s’abandonner aux appels pernicieux des pays ancestraux d’Asie, si fidèles à eux-mêmes, si mystérieux et d’où peut toujours surgir à nouveau Gengis-Khan ». – D’abord, nous ne nous sommes jamais occupé que de l’Orient traditionnel, qui est assurément fort éloigné de « l’orient de Tagore et de Gandhi » ; celui-ci ne nous intéresse pas le moins du monde, et aucun de nos ouvrages n’y fait la moindre allusion. Ensuite, nous ne voyons pas trop bien ce que peut vouloir dire « une métaphysique de l’ascension à Dieu », ni comment ce qui est métaphysique pourrait équivaloir à une « expérience mystique » ; nous n’avons d’ailleurs rien « construit », puisque nous nous sommes toujours borné à exposer de notre mieux les doctrines traditionnelles. Quant au Dieu qui serait un « état subjectif », cela nous paraît entièrement dépourvu de sens ; après que nous avons si souvent expliqué que tout ce qui est « subjectif » ou « abstrait » n’a pour nous absolument aucune valeur, comment peut-on bien nous attribuer une pareille absurdité ? Nous ne savons à quoi tendent au juste les rapprochements de la fin, mais ce que nous savons bien, c’est qu’ils ne reposent sur rien ; tout cela est bien peu sérieux… Enfin, nous nous demandons ce qui a déterminé le choix des trois livres qui sont mentionnés de préférence à tous les autres, à moins que ce ne soient les seuls que M. Clouard ait eu l’occasion de lire ; en tout cas, les amateurs de « littérature » qui s’en rapporteront à lui seront vraiment bien renseignés !

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