Le Corpus minskois de René Guénon

Le Caire 29 novembre 1938

Cher Monsieur,

J’ai reçu la semaine dernière votre lettre du 3 novembre ; le livre qu’elle m’annonçait vient de m’arriver à son tour, et je vous en remercie. Bien entendu, je ne manquerai pas d’en parler dans mes comptes rendus ; ce que vous me dites de l’esprit dans lequel il est écrit ne m’étonne d’ailleurs aucunement, car il y a peu de gens, en Occident, qui sont capables de sortir de cette perspective particulière et étroite !

La nouvelle que vous m’apprenez au sujet de la “Crise du Monde moderne” est très intéressante en effet, et assez inattendue, je dois le dire, du moins pour moi ; je ne vois pas du tout une chose de ce genre se produisant dans une Université française !

Je suis très heureux de ce que vous me dites au sujet des compléments que mon article sur le dôme apporte au votre ; ce que vous me citez de l’article d’“Ars Islamica” est intéressant aussi sous le même rapport ; je crois d’ailleurs que ce sont là des sujets à peu près inépuisables...

J’ai reçu ces jours derniers le prospectus de “Twice a Year”, par lequel je vois que le 1er nº doit paraître seulement maintenant. Ce qui m’inquiète un peu, ce sont les affirmations “démocratiques” du programme, car il est à craindre que ce ne soit pas très facilement conciliable avec le caractère de ce que je dois donner...

J’ai demandé qu’on envoie à Miss Kramrisch les nos des “É[tudes] T[raditionnelles]” contenant les articles que vous m’avez indiqués comme pouvant lui convenir ; j’espère qu’ils ne seront pas épuisés, car autrement il faudrait que je fasse une copie des articles, et c’est toujours le temps qui me fait défaut pour arriver à tout !

M. Préau n’a décidément pas de chance pour sa santé : il m’écrit que, depuis sa nouvelle installation, il a attrapé un refroidissement qui l’a bien fatigué encore pendant 3 semaines. Le climat de cette région des Landes est cependant doux, mais il paraît qu’il y a, surtout le soir, une humidité due sans doute au voisinage de la mer et dont il faut se méfier...

Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes bien cordiaux sentiments.

René Guénon

Recherche

Si vous souhaitez devenir mécène afin que
la traduction de ce texte paraisse plus tôt dans le corpus —
écrivez à l’éditeur par courriel
ou via Telegram.

Signaler une correction