Le Caire, 26 septembre 1938
Cher Monsieur,
J’ai reçu enfin il y a quelques jours une lettre de Mrs. Kramrisch ; j’avais bien fait de lui écrire de nouveau, car il paraît que ma première lettre ne lui est jamais parvenue. Son autorisation est arrivée d’une façon tout à fait opportune, car j’étais justement en train de m’occuper de la préparation du n° d’octobre des “É[tudes] T[raditionnelles]”, et cela va nous permettre de faire passer mon article sur les cycles cosmiques dans ce nº, où doit paraître également votre article sur le “panthéisme”.
En même temps, Mrs. Kramrisch me demande si je ne pourrais pas lui donner pour le J.I.S.O.A. quelque article déjà paru en français et dont elle ferait la traduction. Je voudrais bien lui donner satisfaction, mais je me trouve un peu embarrassé, car je ne vois pas qu’il y ait dans mes articles grand’chose qui ait un rapport quelque peu direct avec l’art ; voudriez-vous avoir l’amabilité de me donner quelque suggestion à ce sujet ?
J’ai été heureusement surpris en recevant une lettre de M. Préau, qui m’a rassuré en me montrant qu’il était dès maintenant en bonne voie de rétablissement. Il est vrai qu’il se plaint que ses forces ne reviennent qu’assez lentement ; mais en somme cela est normal après une opération...
J’ai reçu la semaine dernière le nº d’août-septembre des “É[tudes] T[raditionnelles]” ; j’ai constaté que, dans votre article, il manquait les renvois aux illustrations, et, d’après ce que me dit M. Préau, je comprends que cela est dû à ce que l’indication qu’il vous avait demandée à ce sujet ne lui est pas parvenue à temps ; mais enfin il ne me semble pas que cela puisse avoir de grands inconvénients pour la clarté, et, à part cela, tout me paraît très bien ainsi...
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon