Le Caire, 22 août 1938
Cher Monsieur,
Merci de l’envoi de vos deux articles, que je viens de recevoir, et qui m’avait été annoncé par votre lettre du 28 juillet, arrivée il y a quelques jours déjà.
Pour la Katha Upanishad, il est entendu que je n’en parlerai que quand j’aurai reçu les autres parties. – Quant au symbolisme du dôme, il est possible que j’en parle dans un article spécial, car le sujet est fort important, et il se rattache d’ailleurs encore à ceux que j’ai traités en ces derniers temps. – Je vois que, dans ce même article, vous avez parlé accessoirement de la question de l’“archery” ; pourrais-je me permettre de vous demander d’arranger cela sous la forme d’un article séparé pour les “É[tudes] T[raditionnelles]” (comme l’article sur le symbolisme de l’épée), ainsi que vous aviez bien voulu nous le promettre ? Merci d’avance.
Merci aussi pour l’indication concernant Villard de Honnecourt ; je l’ai transmise tout de suite à M. Burckhardt.
Je suis content de savoir que M. Lovinescu vous a écrit ; vous lui ferez certainement très grand plaisir si vous pouvez lui envoyer quelques articles de temps à autre.
Une question qui m’est suggérée par des réflexions d’un correspondant : comment pourrait-on présenter le symbolisme hindou de la vache pour le rendre facilement compréhensible à des personnes qui n’ont pas de connaissances doctrinales particulières ? Cela a quelque importance, car vous savez que c’est un des points que les Occidentaux s’efforcent plus spécialement de caricaturer et de tourner en ridicule ; c’est à propos d’un ouvrage de l’abbé Roussel que la chose m’a été signalée ces temps-ci.
Je suis heureux de la bonne nouvelle que vous m’annoncez ; il doit être bien agréable pour vous d’être maintenant ainsi à la campagne. C’est avec grand plaisir, certes, que je profiterais de votre aimable invitation d’aller vous y visiter ; mais j’avoue que je ne me vois guère entreprenant un voyage aussi lointain ; il est vrai qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver un jour ou l’autre !...
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon