Le Caire, 2 avril 1936
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre du 11 mars ; j’ai reçu aussi précédemment votre carte, et je vous remercie d’avoir bien voulu me signaler le nouveau livre de W. J. Evans-Wentz (j’ai le “Tibetan Book of the Dead”) ; j’ai aussitôt prié Chacornac, comme je le fais toujours en pareil cas, de le demander pour compte rendu ; espérons que cette demande sera prise en considération.
Je suis heureux de voir que vous êtes satisfait de la traduction de votre article, et aussi du changement de titre de la revue, que tout le monde est d’ailleurs unanime à approuver ; il y a bien longtemps que nous le souhaitions, mais il a été assez difficile d’y décider Chacornac ; vous savez quelle est la force de l’habitude chez certains !
On me demande à quelle adresse on peut se procurer votre étude “Angel and Titan” ; mais la brochure porte seulement la mention du “Journal of the American Oriental Society”, sans aucune indication d’adresse ; vous seriez donc bien aimable de me donner ce renseignement afin que je puisse répondre.
Je n’ai pas encore reçu l’article de Hocart dont vous m’annoncez l’envoi, mais cela n’a rien d’étonnant, les imprimés ayant presque toujours du retard ; je vous en remercie à l’avance, et il est bien entendu que je vous le retournerai après en avoir pris connaissance.
Je regrette bien que les choses n’aient pas pu s’arranger pour que Mrs. Coomaraswamy vienne ici, mais, comme vous l’avez bien compris, ce séjour n’aurait guère pu être qu’une perte de temps pour elle ; est-il décidé maintenant qu’elle s’arrêtera à Paris ?
J’ai eu l’occasion de parler de vous ces jours derniers avec M. Félix Vályi, qui vous connaît, et qui est venu me voir pour me demander ma collaboration pour sa nouvelle publication “Synthesis”, dont il vient de faire paraître le premier volume; avez-vous entendu parler de cela ? Je ne le connaissais jusqu’ici que de nom, mais il se trouve que nous avons ici des amis communs, et c’est l’un d’eux qui l’a amené chez moi.
Que faut-il penser, comme maison d’édition, de Messrs. Ganesh and Co., de Madras ? On veut leur proposer d’éditer une traduction anglaise de mon “Introduction générale”, et, comme je crois bien qu’ils ont publié quelque chose de vous, c’est pourquoi je vous pose cette question. Il y avait déjà eu, il y a une dizaine d’années, un projet de publier ce livre dans l’Inde, mais qui malheureusement n’a eu aucune suite.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments bien cordiaux.
René Guénon