Le Caire, 19 juillet 1946
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre du 18 juin, avec les 3 articles qui y étaient joints : “Paths”, “Intention”, et “The Stickfast Motif”. J’ai reçu aussi séparément, il y a quelques jours, “Ûnâtiriktan” ; merci beaucoup pour le tout. Il semble donc bien qu’il ne me manque plus rien maintenant, puisque, pour les autres articles dont je vous avais parlé, il n’y a naturellement qu’à attendre que vous les repreniez sous une forme ou sous une autre. – Il faut espérer que le recueil qui est actuellement en préparation ne tardera pas beaucoup à paraître.
Je comprends trop bien que vous soyez toujours surchargé de travail, et aussi qu’il vous tarde de terminer les différentes choses que vous avez actuellement en train. Il serait bien à souhaiter que vous puissiez arriver à réunir en volumes le plus possible de vos articles les plus importants, car, dispersés comme ils le sont dans tant de publications différentes, ils sont bien difficilement accessibles à la plupart des lecteurs. – Mais, si vous comptez ne pas pouvoir aller dans l’Inde avant 2 ou 3 ans, votre fils, d’après ce que nous avait écrit M. Pallis, devra-t-il donc vous y précéder ?
J’ignorais la mort d’Heinrich Zimmer, dont je ne connais d’ailleurs pas grand’chose... – Quant au Swâmî Nikhilânanda, je n’ai jamais rien vu de lui ; il semblerait, d’après ce que vous en dites, qu’il soit heureusement d’un niveau supérieur à la plupart des représentants de la Râmakrishna Mission, qui en général ne font pas preuve d’une compréhension bien profonde et tombent plutôt dans la “vulgarisation”. Ce milieu est vraiment, dans l’ensemble, bien loin de l’esprit de Shrî Râmakrishna...
Je viens de recevoir le 5e nº des “É[tudes] T[raditionnelles]” ; j’ai commencé à préparer mon travail pour le 8e nº, et je voudrais ne pas trop tarder à le terminer, car je suis toujours plutôt en retard, du moins en tenant compte des délais de la poste qui sont toujours à peu près aussi longs !
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon