Le Caire, 7 juillet 1946
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir “The E at Delphi”, bien arrivé enfin cette fois, et je vous en remercie bien vivement.
La nouvelle édition de la “Crise du Monde moderne” est sortie, d’ailleurs un peu plus tôt qu’il n’avait été prévu. Je crois vous avoir déjà dit que les modifications proposées en dernier lieu par M. Pallis étaient arrivées trop tard, le tirage de la partie dans laquelle elles auraient dû se trouver étant déjà fait à ce moment-là. Enfin, cela pourra sans doute servir plus tard pour une autre édition, anglaise aussi bien que française. Il a reçu la traduction que j’en ai faite (j’en ai envoyé également une copie à Paris), et il s’en est déclaré satisfait.
La “Grande Triade” est parue aussi, et j’espère bien qu’on vous l’a envoyée, quoique je n’aie pas encore de nouvelles précises sur ce qui a été fait. Malheureusement, c’est moins satisfaisant comme impression que les autres volumes, car il y est resté beaucoup de fautes. L’imprimeur auquel on a eu affaire s’est montré d’une maladresse peu ordinaire ; il a fait le tirage sans qu’on ait pu avoir des épreuves à peu près correctes, et une bonne partie des corrections qui avaient été portées sur les dernières n’ont pas été faites ; par surcroît, la moitié à peine des fautes ont été indiquées dans les “errata”. C’est d’autant plus ennuyeux que c’est lui aussi qui imprime en ce moment la réédition de “L’Homme et son devenir” ; je n’en ai pas encore vu d’épreuves, et je ne sais si le travail sera mieux fait cette fois...
Je pense que vous devez avoir reçu les “Principes du Calcul infinitésimal”. – Je me demande si vous avez aussi maintenant les “Aperçus sur l’Initiation” ; Chacornac a été malade, ce qui a retardé les envois, et il m’a écrit le 12 juin qu’il venait seulement de les faire. Une traduction italienne de ce livre est déjà en train.
Le 5e nº des “É[tudes] T[raditionnelles]” est paru vers le milieu de juin (il porte la date de mai, mais il y a toujours du retard) ; il ne m’est pas encore parvenu.
M. Luc Benoist me dit qu’il pense quitter Versailles assez prochainement ; il va probablement être nommé conservateur du Musée d’Aix-en-Provence.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon