Le Caire, 10 avril 1946
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir la carte (non datée) dans laquelle vous m’accusez réception de ma lettre du 5 février.- Je vous ai, depuis lors, récrit encore le 8 mars. – Merci d’avance pour l’envoi d’articles que vous m’annoncez ; espérons qu’il me parviendra mieux que le précédent, dont je suis toujours sans nouvelles !
M. Luc Benoist m’a écrit qu’il avait bien reçu “Hinduism and Buddhism” et qu’il se propose de le traduire lui-même ; il craint seulement que vous ne trouviez un peu long le délai de publication, inévitable malheureusement du fait que le nombre des volumes à paraître dans la collection est limité à 3 par an.
Je suis content de savoir que vous avez bien reçu les 2 premiers nos des “É[tudes] T[raditionnelles]” ; le 3e est paru au début de mars, et je pense que le 4e doit être prêt maintenant ; cela a donc repris tout de même une marche presque normale...
Les “Aperçus” sont parus il y a juste un mois ; mais je crois bien qu’il n’a encore été fait aucun envoi à personne ; Chacornac est si embarrassé pour tout qu’il ne faudra pas s’étonner si cela traîne quelque peu. – Les “Principes” doivent sortir ces jours-ci, et je viens de recevoir un exemplaire de la 2e édition du “Règne”. Au sujet de ce dernier, M. Luc Benoist me disait qu’il serait bon, pour la traduction, de se mettre d’accord avec Gallimard le plus tôt possible, et qu’il se proposait de vous écrire à ce sujet ; mais je vois que vous-même y avez pensé aussi de votre côté.
Je suis très heureux d’apprendre que vous avez une possibilité en vue pour l’édition américaine de tous mes livres ; qu’est ce exactement que l’“Asia Press” ? Vous m’aviez parlé précédemment de John Day pour le “Règne” ; je me demande si maintenant il s’agit d’autre chose, ou si en réalité c’est seulement le nom de sa firme.
Il y a en ce moment un projet pour éditer la traduction française de “Peaks and Lamas”, et il faut espérer que cela pourra réussir malgré les difficultés actuelles ; vous savez sans doute que c’est Mme Gleizes qui fait cette traduction. – Je pense que M. Pallis doit être encore en Suisse ; du moins, il y était il y a une quinzaine de jours et on ne parlait pas de son départ.
Je me permets de vous rappeler ma demande d’adresses auxquelles il y aurait intérêt à adresser mes livres.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes meilleurs et bien cordiaux sentiments.
René Guénon