Le Caire, 5 février 1946
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre carte du 8 janvier, et je vous remercie de ce que vous me signalez au sujet de C. Hentze. Je ne connais pas le livre dont il s’agit, et d’ailleurs je ne pourrais pas l’utiliser, car je ne sais pas l’allemand, ou du moins si peu que cela ne compte pas... Mais, puisque vous m’en indiquez le sens général, cela suffit en somme, et je vais naturellement en tenir compte, d’autant plus que l’article n’est pas encore rédigé.
J’ai reçu enfin ces jours derniers le 1er nº des “É[tudes] T[raditionnelles]”, daté d’octobre-novembre, mais qui n’est arrivé à paraître qu’à la fin de décembre. Il contient le début de votre article sur l’“archery” ; la suite doit paraître dans le 2e nº ; espérons que celui-ci aura tout de même moins de retard...
Je suis très occupé ces temps-ci par le fait que mes 3 nouveaux livres sont à l’impression en même temps ; j’ai terminé la correction des “Principes du Calcul infinitésimal” et celle des “Aperçus sur l’Initiation”, et j’attends d’un jour à l’autre les épreuves de la “Grande Triade”. – Le tout va donc pouvoir paraître presque simultanément, et plus vite en somme que je ne l’aurais pensé.
Le “Règne de la Quantité” a été épuisé avec une rapidité qui m’a surpris ; on en prépare dès maintenant un nouveau tirage. On prépare aussi la réédition de la “Crise du Monde moderne”, ainsi que celle de “L’Homme et son devenir” (déjà réédité en 1941).
M. Luc Benoist, dans sa dernière lettre, me disait qu’il était étonné de n’avoir pas de réponse à la demande qu’il vous avait adressée de lui envoyer “Hinduism and Buddhism” pour la traduction, n’ayant aucun autre moyen de se le procurer. Je me proposais de vous en parler, car une lettre pouvait s’être perdue, mais j’apprends à l’instant qu’il a reçu (le 19 janvier) votre réponse favorable.
Aucun de vos articles annoncés ne m’est encore parvenu, ce qui devient de plus en plus étonnant ; attendons cependant encore, car il y a toujours bien des irrégularités dans le courrier...
J’ai reçu il y a quelques jours la traduction espagnole de l’“Introduction générale” ; il s’y trouve malheureusement une quantité vraiment énorme de fautes d’impression !
M. Pallis doit passer ces jours-ci par Paris, en se rendant en Suisse, où M. Cuttat est aussi en ce moment.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon