Novembre 1938
Dr René Allendy. Rêves expliqués (Gallimard, Paris). – Ce volume est un recueil d’exemples de l’interprétation psychanalytique des rêves sous leurs divers aspects ; il n’est certes pas de nature à modifier notre appréciation sur ce pseudo-symbolisme, qui risque même trop souvent de devenir du symbolisme inversé. Nous nous sommes déjà suffisamment expliqué là-dessus pour ne pas y insister de nouveau ; nous profiterons seulement de cette occasion pour signaler l’étrange épigraphe mise par Freud en titre de sa Traumbedeutung, qui est, pour les psychanalystes, l’ouvrage fondamental sur ce sujet : Flectere si nequeo superos, Acheronta movebo ; si cette devise n’est pas un véritable appel aux « puissances infernales », nous nous demandons quel sens elle peut bien avoir !
Raymond Christoflour. Louis Le Cardonnel, pèlerin de l’invisible (Plon, Paris). – Louis Le Cardonnel, prêtre et poète, eut une existence singulièrement mouvementée et diverse, et sa biographie ne manque pas d’intérêt à d’autres points de vue que celui de la littérature. Les phénomènes psychiques paraissent avoir tenu une assez grande place dans sa vie ; c’était d’ailleurs chez lui, évidemment, la conséquence de facultés toutes naturelles et spontanées ; mais peut-être eut-il, comme tant d’autres, une tendance à leur attribuer une importance quelque peu excessive. Dans un ordre plus intellectuel, son jugement ne semble pas avoir été toujours d’une sûreté parfaite, si bien qu’il est permis de s’étonner du titre de « docteur » que lui donne généreusement son biographe ; nous n’en voulons pour preuve qu’une phrase qui nous concerne directement : il paraît qu’il nous « admirait », mais qu’il nous « voyait avec regret nous égarer dans le panthéisme » ; si réellement il a lu nos ouvrages, pourtant très explicites sur ce point, il faut croire qu’il ne les a guère compris ! Ce n’est d’ailleurs pas tout : de la même phrase, il résulte qu’il nous associait, dans son admiration, jusqu’à des occultistes et des théosophistes, ce qui n’est vraiment pas flatteur pour nous ; voilà un bien étrange « éclectisme », que nous ne saurions certes ni partager ni même approuver à aucun degré, pour de multiples raisons que nos lecteurs connaissent bien, et que, de la part d’un prêtre, nous trouvons même doublement déplorable ; sans doute faut-il voir là, hélas ! encore un « signe des temps »…
Ноябрь 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)