Avril-mai 1949
– M. Marco Pallis a fait paraître en 1945 dans The Wayfarers’ Journal un article intitulé The Way and the Mountain, dans lequel, remarquant que le titre de cette publication et du groupement dont elle est l’organe implique, quoique inconsciemment, un des symbolismes les plus anciens et les plus significatifs, celui du voyage (wayfaring), il donne tout d’abord, pour les lecteurs étrangers à ces questions, quelques notions sur le symbolisme en général, sa nature et ses usages. Il aborde ensuite le symbolisme de la Voie, en se référant notamment au Taoïsme et au Bouddhisme ; et, à propos de ce dernier, il signale la distinction, particulièrement nette dans le Mahâyâna, entre la « voie indirecte », qui est celle des hommes ordinaires, et la « voie directe », qui n’est suivie que par quelques-uns et qui peut être comparée à la « voie étroite » du Christianisme. Après avoir donné encore d’autres exemples empruntés à différentes traditions et dont chacun fait ressortir quelque aspect plus particulier de ce symbolisme, il en vient à la Montagne : beaucoup de pèlerinages ont pour but une montagne sacrée, qui est, dans tous les cas, une image comme un « substitut » de celle qui symbolise l’Axe du Monde ; et il est à remarquer que, tandis que la Voie pouvait d’abord être regardée comme située à un certain niveau, elle s’élève au contraire, dès qu’on est parvenu au pied de la montagne, suivant la direction « axiale », c’est-à-dire qu’on passe alors du sens horizontal au sens vertical. Un autre symbole important est celui du cairn ou monceau de pierres placé à l’entrée du sentier, puis se retrouvant aux principales étapes de l’ascension et finalement au sommet lui-même, et qui, étant un emblème et une image réduite de la Montagne symbolique, rappelle constamment au voyageur que la véritable Voie doit suivre l’axe, jusqu’à ce que soit atteint le sommet qui est le But suprême. Le voyageur peut d’ailleurs rencontrer sur son chemin des sommets secondaires qui apparaissent comme des buts transitoires, parce que tous symbolisent en quelque sorte le But final ; mais ce ne sont en réalité qu’autant de « stades », dont le principal est l’« état primordial », celui de l’« homme véritable », représenté chez Dante par le sommet de la montagne du Purgatoire. Le véritable sommet est le point unique où disparaît toute distinction entre les diverses routes qui y conduisent ; non seulement il n’occupe aucun espace, bien que la montagne tout entière y soit contenue, mais il est aussi hors du temps et de toute succession, et seul y règne l’« éternel présent ».
Апрель-май 1949 г.
(перевод на русский язык отсутствует)