Septembre 1949
– Dans le n° de mars1, c’est de L’Islamisme qu’il s’agit ; à côté de quelques notions historiques plutôt élémentaires, il y a là les clichés européens habituels sur le « fatalisme », l’« intolérance », etc., atténués cependant, il faut le reconnaître, par quelques appréciations plus favorables et aussi plus justes ; mais la préoccupation principale de l’auteur semble être de soutenir que l’Islam n’a pas d’unité doctrinale, ce qui est complètement faux. Quant à ce qui est dit du « mysticisme » et du « soufisme », mieux vaut n’en pas parler, d’autant plus qu’il y a à ce propos une invraisemblable confusion entre la « métaphysique des soufis » et la philosophie arabe la plus exotérique ; mais il serait dommage de ne pas mentionner que le mot Coran donne lieu à une série de rapprochements d’une haute fantaisie, aboutissant naturellement à y retrouver l’inévitable Aor-Agni. Nous nous demandons pourquoi M. paul le cour a écrit cette phrase : « Je serais heureux si M. René Guénon voulait bien nous renseigner sur l’ésotérisme musulman dans un prochain n° des Études Traditionnelles » ; nous n’avons assurément à « renseigner » personne, et lui moins que tout autre, mais n’a-t’il donc jamais eu connaissance des nos spéciaux que les Études Traditionnelles ont déjà consacré précisément à ce sujet, sans parler de l’article que nous avons fait paraître sous le titre L’Ésotérisme islamique dans un n° spécial des Cahiers du Sud ? D’autre part, nous sommes obligé de lui faire savoir que nous n’avons jamais été « converti » à quoi que ce soit, et pour cause (voir notre article À propos de « conversions », dans le n° de septembre 1948, qui contient toutes les explications voulues pour réfuter cette sottise)2, et aussi que nous n’avons jamais pris la moindre part à aucun « mouvement », ce qui d’ailleurs nous ramène à la calomnie du « propagandisme », bien que cette fois ce ne soit plus l’Hindouisme qui est en cause. Par surcroît, il a trouvé bon de se faire l’écho d’un racontar qu’il n’a certes pas inventé, car nous l’avions déjà vu ailleurs, mais dont il a été visiblement fort heureux de s’emparer ; nous lui apprendrons donc une chose qu’il ignore très certainement : c’est qu’il n’existe pas et ne peut pas exister de « Sheikh Abdel-Ahad », pour la bonne raison qu’Abdel-Ahad est un nom exclusivement copte. Précisons que M. paul le cour a recueilli le racontar en question dans une sorte de bulletin-prospectus publié par M. Jacques Marcireau, et où celui-ci a eu l’incroyable naïveté de reproduire une lettre qu’il avait reçue d’une soi-disant « correspondante égyptienne », qui, outre ce nom impossible, nous attribuait la qualité, que nous n’avons jamais eue, de professeur à l’Université d’El-Azhar, que d’ailleurs elle croyait être située à Alexandrie ; d’aussi énormes méprises prouvent trop évidemment que cette correspondante n’avait rien d’égyptien et ignorait même tout de l’Égypte, et, puisque cette occasion s’en présente, nous avons le regret de dire à M. Marcireau qu’il a eu affaire à quelqu’un qui s’est moqué de lui d’une belle façon !
- 1. Il s’agit de la revue Atlantis. La première partie de ce compte rendu qui concernait le numéro de janvier 1949 a été repris dans l’ouvrage posthume Études sur l’Hindouisme, pp. 279-280. [Note de l’Éditeur]. ↑
- 2. Repris dans l’ouvrage posthume Initiation et Réalisation spirituelle, ch. XII. [Note de l’Éditeur]. ↑
Сентябрь 1949 г.
(перевод на русский язык отсутствует)