1937
D. Duvillé. L’Æthiopia orientale ou Atlantis, initiatrice des peuples anciens, suivie de « Naissance et propagation de l’alphabet ». (Société française d’Éditions littéraires et techniques, Paris). – L’auteur distingue deux Éthiopies, l’une occidentale, qui n’est autre que l’Atlantide à laquelle certains donnèrent aussi ce nom, et l’autre orientale, qui est celle qu’on connaît généralement comme telle ; mais, en dépit du titre, il semble avoir eu bien plutôt en vue la première que la seconde, car il n’a fait en somme que recueillir un peu partout ce qui lui a paru pouvoir être considéré comme des traces d’une influence atlantéenne chez les divers peuples anciens. Il y a là des choses assez disparates et provenant de sources dont la valeur est fort inégale ; mais ce qui est le plus regrettable, c’est l’étonnante ignorance linguistique dont l’auteur fait preuve à chaque instant : il est difficile de prendre pour de simples fautes d’impression la déformation constante de certains noms, comme Orzmund pour Ormuzd ; et que dire des assertions qui ne reposent que sur l’imperfection des transcriptions en lettres latines ? Sepher (avec un samek) ne peut certes pas venir de Séphora (avec un tsade), pas plus que Reschit, où sch ne représente qu’une lettre unique, ne peut être « l’anagramme de Christ »… N’insistons pas davantage ; il serait pourtant dommage d’oublier « le Sandhérim, composé de 70 traducteurs » qui « approuva la traduction » grecque du Sepher, lequel, par surcroît, est supposé avoir été écrit originairement dans « l’araméen des Targoums » ! Le chapitre final sur l’alphabet contient aussi bien d’autres choses de même force ; les amateurs de curiosités philologiques qui liront ce livre auraient vraiment mauvaise grâce à ne pas s’en déclarer satisfaits.
P. Saintyves. Pierres magiques : bétyles, haches-amulettes et pierres de foudre ; traditions savantes et traditions populaires. (Librairie Émile Nourry, Paris.) – Le titre de ce livre appelle tout d’abord une observation : il n’existe, en réalité, ni « traditions savantes » ni « traditions populaires » ; mais des données traditionnelles peuvent être conservées et transmises tant par le peuple que par les savants, ce qui au fond ne fait pas grande différence, si ce n’est qu’elles risquent davantage d’être altérées par les savants, parce que ceux-ci ont toujours plus ou moins tendance à y mêler leurs propres interprétations. Chez les modernes surtout, la manie de chercher à toutes choses des « explications rationnelles », qui, dans cet ordre du moins, sont presque toujours fausses, est bien autrement fâcheuse que la simple incompréhension « populaire » ; on pourrait en trouver quelques exemples dans cet ouvrage même, mais, en général, l’auteur s’est borné à recueillir et à rapporter des textes et des faits, ce qui vaut assurément beaucoup mieux, car il fournit du moins ainsi une documentation dont peuvent tirer parti ceux qui voient là autre chose qu’un amas de « superstitions » dépourvues de sens. Nous trouvons d’abord une série d’extraits d’auteurs divers, depuis l’antiquité jusqu’au XIXe siècle, se rapportant au sujet étudié ; mais la plus grande partie du volume est consacrée aux traditions qui subsistent encore à notre époque, d’abord dans les diverses régions de la France, et ensuite dans d’autres pays. Des « bétyles », dont nous avons parlé en diverses occasions, il est assez peu question dans tout cela, et les quelques citations qui y font allusion n’indiquent pas bien clairement ce qu’ils sont ; s’il s’agit d’aérolithes, ce n’est d’ailleurs que par confusion qu’ils ont pu être rapprochés des « pierres de foudre » ; et l’énumération des différentes sortes de « pierres de foudre » montre qu’il a été commis encore bien d’autres confusions, mais qui, en somme, proviennent toutes d’une même erreur initiale d’interprétation : celle qui consiste à y voir, au lieu de pierres symbolisant la foudre, des pierres tombées du ciel avec celle-ci, ainsi que nous l’avons expliqué dans un article que nous avons jadis consacré ici même à ce sujet (n° de mai 1929). Les véritables « pierres de foudre », et celles auxquelles se rapporte malgré tout la majorité des faits recueillis, ce sont les haches préhistoriques ; il faut y joindre les flèches de pierre et certains fossiles en forme de flèches (bélemnites), ce qui n’est qu’une variante du même symbolisme ; là-dessus nous renverrons à ce que nous avons écrit récemment sur la question des armes symboliques (n° d’octobre 1936). Nous signalerons encore un cas spécial, celui où des pierres précieuses ou des cristaux naturels sont considérés comme « pierres de foudre » ; il mérite en effet d’être mis à part, car il peut avoir un certain rapport avec le double sens du mot vajra comme « foudre » et « diamant », et alors il s’agirait ici d’un autre symbolisme. Pour en revenir aux armes préhistoriques, il ne suffit certes pas de dire, comme le fait l’auteur, qu’elles ont été regardées comme « pierres de foudre » parce qu’on en avait oublié l’origine et l’usage réels, car, s’il n’y avait que cela, elles auraient tout aussi bien pu donner lieu à une foule d’autres suppositions ; mais, en fait, dans tous les pays sans exception, elles sont toujours des « pierres de foudre » et jamais autre chose ; la raison symbolique en est évidente, tandis que l’« explication rationnelle » est d’une déconcertante puérilité !
Dion Fortune. La Cabale mystique. Traduit de l’anglais par Gabriel Trarieux d’Egmont. (Éditions Adyar, Paris). – Le rapprochement des deux mots qui forment le titre de ce gros volume représente quelque chose d’assez contradictoire : à la vérité, d’ailleurs, ce dont il s’agit n’est pas plus mystique qu’il n’est initiatique ; cela est surtout magique, ce qui est encore une chose toute différente. En effet, il est continuellement question de « pouvoirs », de « visions », d’« évocations », de « projections en astral », toutes choses à la fois dangereuses, même quand elles se réduisent en fait à une simple autosuggestion, et assez insignifiantes, même quand il y correspond au contraire quelques résultats réels. D’une façon plus précise, c’est de « magie cérémonielle » qu’il s’agit et l’on peut y voir une assez belle confirmation de ce que nous avons dit sur ce sujet il y a quelque temps : il est intéressant de remarquer tout d’abord à cet égard, la fréquence avec laquelle le mot « cérémonies » revient dans ce livre, tandis que le mot « rites » n’y apparaît que bien rarement ; ensuite, l’aveu explicite que « le cérémonial est pure psychologie », et qu’il est essentiellement destiné « à agir sur l’imagination de l’opérateur » ; c’est bien aussi notre avis, puisque c’est justement en cela qu’il diffère des rites véritables, mais il va de soi que notre appréciation sur la valeur de semblables procédés diffère entièrement de celle de l’auteur. La singulière idée de désigner comme « objectif » et « subjectif » ce qui est respectivement « macrocosmique » et « microcosmique » est encore assez significative sous le même rapport : si les résultats obtenus par un être, en ce qui concerne son propre développement, ne doivent être que « subjectifs », autant dire qu’ils sont inexistants ! Il est constamment fait appel à l’imagination, et aussi, ce qui est plus inquiétant, au « subconscient », à tel point qu’il est fait grand état des trop fameuses théories de Freud ; voilà, certes, la Kabbale tombée bien bas… Au fond, tout cela ne saurait nous étonner, dès lors que nous savons que l’auteur a appartenu à la Golden Dawn avant de fonder sa propre école sous le nom de « Fraternité de la Lumière Intérieure », et que nous la voyons citer comme « autorités » principales Mac Gregor Mathers, et… Aleister Crowley, auxquels s’ajoutent accessoirement divers autres écrivains occultistes et théosophistes. Si la « Kabbale chrétienne » qui se forma à l’époque de la Renaissance était déjà fort loin de l’authentique Kabbale hébraïque, que dire de la « Kabbale occultiste » qui vit le jour au XIXe siècle et où les quelques données traditionnelles qui ont subsisté malgré tout sont noyées sous un amas d’éléments hétéroclites et de provenance parfois fort incertaine, de correspondances brouillées beaucoup moins intentionnellement que par l’effet d’une ignorance manifeste, le tout assemblé en un « syncrétisme » qui, quoi qu’en puissent dire les promoteurs de la soi-disant « tradition occidentale », n’a absolument rien de commun avec une « synthèse » ? Dans un ouvrage tel que celui-ci, la Kabbale (ou, pour mieux dire, la doctrine des Séphiroth qui n’en est qu’une des branches) ne fournit plus guère qu’un cadre, pour ne pas dire un prétexte, à des spéculations du caractère le plus mêlé, et où il n’est pas jusqu’à la science moderne elle-même qui occupe une place non négligeable ; il paraît que c’est là « traiter la Kabbale d’une façon vivante », comme si la Kabbale authentique était une chose morte et n’avait que l’intérêt d’une curiosité historique ou archéologique ! Cette intention de « modernisation » est d’ailleurs expressément avouée par l’auteur, qui en cela a du moins le mérite de la franchise, mais qui, en raison de ses tendances « évolutionnistes » nettement affirmées, voit un perfectionnement dans ce qui ne peut nous apparaître que comme une assez lamentable dégénérescence… Dans ces conditions, quand on nous parle de certains « manuscrits que les initiés seuls connaissent », nous nous permettons de douter fortement, non de leur existence, mais de leur valeur traditionnelle ; et ceux qui savent ce que nous pensons des prétendues « écoles initiatiques » occidentales modernes comprendront sans peine que nous ne puissions nous empêcher de sourire en voyant invoquer « les réels et légitimes secrets occultes, que l’initiation révèle seule », même s’il n’y avait, à côté de cela, une mention de « cours par correspondance » qui en dit un peu trop long sur la qualité de cette « initiation » ! – Il serait superflu, après tout cela, de nous arrêter sur des erreurs de détail, bien qu’il en soit d’assez amusantes, comme celles qui consistent à mettre le « Sentier Oriental », comme s’il n’en existait qu’un, en face du « Sentier Occidental », à prendre le Confucianisme pour une « foi métaphysique », à attribuer aux « Vêdântins » la fantasmagorie théosophiste des « Rayons et des Rondes », ou encore à citer la phrase bien connue de la « Table d’Émeraude » sous la forme « ce qui est en haut est en bas ». Il est bien curieux aussi qu’on puisse présenter les Quakers comme « une école purement initiatique », confondre le Bhakti-Yoga avec l’exotérisme religieux, ou se croire en mesure de célébrer efficacement la messe en dehors de toute « succession apostolique » ; il y aurait même fort à dire sur la mentalité spéciale que révèle ce dernier point… Notons également l’exagération qu’il y a à considérer l’« Arbre de Vie », d’une façon exclusive comme constituant la base unique de tout symbolisme, ainsi que l’importance quelque peu excessive attribuée au Tarot, et, ne fut-ce qu’à titre de curiosité, une sorte d’obsession du « Rayon Vert » qui nous rappelle d’étranges histoires… Il est encore une question particulière dont nous devons dire un mot : on se souviendra peut-être que, à la fin de notre étude sur Kundalinî-Yoga, nous avons indiqué la correspondance des Séphiroth, envisagée au point de vue « microcosmique », avec les chakras de la tradition hindoue. Il paraît, chose qu’alors nous ignorions tout à fait, car c’est ici que nous la voyons mentionnée pour la première fois, que Crowley et le général Fuller ont tenté d’établir une telle corrélation ; mais, d’ailleurs les correspondances qu’ils donnent, et qui sont reproduites dans ce livre, sont l’une et l’autre erronées, faute surtout d’avoir remarqué que, par la considération de chacun des trois couples de Séphiroth situés à un même niveau commun représentant la polarisation d’un principe unique, le dénaire des Séphiroth se ramène de la façon la plus simple au septénaire des chakras. – Ajoutons enfin, quant à la présentation de l’ouvrage, qu’il vaudrait certainement beaucoup mieux s’abstenir complètement de donner certains mots en caractères hébraïques, plutôt que de les imprimer de telle sorte qu’il ne s’y trouve presque pas une lettre exacte ; et d’autre part, pourquoi le traducteur écrit-il toujours « la Yoga », « la Swastika », voire même « la Sépher Yetzirah » ? Il faudrait aussi, en ce qui concerne la traduction, se méfier des mots anglais qui, tout en ressemblant beaucoup à des mots français, ont parfois un sens tout à fait différent…
1937 г.
Д. Дювийе. «Восточная Эфиопия, или Атлантида, наставница древних народов, с приложением „Рождение и распространение алфавита“» (L’Æthiopia orientale ou Atlantis, initiatrice des peuples anciens, suivie de « Naissance et propagation de l’alphabet »). (Издательство Société française d’Éditions littéraires et techniques, Париж). — Автор различает две Эфиопии: западную, то есть Атлантиду, которую иногда тоже так называли, и восточную — ту, что обычно и известна под этим именем. Но, вопреки заглавию, его, видимо, занимала скорее первая, чем вторая: в сущности, он лишь собрал отовсюду то, что показалось ему следами атлантического влияния у разных древних народов. Материал здесь довольно пёстрый, а источники весьма неравноценны; но досаднее всего поразительное лингвистическое невежество, которое автор обнаруживает на каждом шагу: трудно счесть простыми опечатками постоянное искажение некоторых имён, например Orzmund вместо Ormuzd; а что сказать об утверждениях, которые держатся лишь на несовершенстве латинской транскрипции? Sepher (с самех) никак не может происходить от Séphora (с цаде), так же как Reschit, где sch обозначает всего одну букву, не может быть «анаграммой слова Christ»… Не будем на этом задерживаться; но грех не упомянуть «Сандгерим из 70 переводчиков», который «одобрил перевод» Сефера на греческий, — причём сам Сефер будто бы был написан на «арамейском языке таргумов»! В заключительной главе об алфавите таких перлов тоже немало; любителям филологических курьёзов эта книга доставит истинное удовольствие.
П. Сентив. «Магические камни: бетилы, топоры-амулеты и громовые камни; учёные и народные традиции» (Pierres magiques : bétyles, haches-amulettes et pierres de foudre ; traditions savantes et traditions populaires). (Издательство Librairie Émile Nourry, Париж). — Уже заглавие этой книги требует замечания: на самом деле нет ни «учёных», ни «народных» традиций. Традиционные данные могут сохранять и передавать и народ, и учёные, и по существу разница невелика — разве что учёные скорее их исказят, потому что всегда более или менее склонны примешивать к ним собственные толкования. Особенно у современных людей мания искать для всего «рациональные объяснения», которые, по крайней мере в этой области, почти всегда ложны, куда вреднее простого «народного» непонимания; несколько примеров тому можно найти и в этой работе, но в целом автор ограничился тем, что собрал и изложил тексты и факты, — и это, безусловно, гораздо лучше: так он по меньшей мере даёт материал тем, кто видит здесь не просто груду бессмысленных «суеверий». Сначала идёт подборка выдержек из разных авторов, от древности до XIX века, относящихся к предмету книги; но бóльшая часть тома посвящена традициям, сохраняющимся ещё в наше время, сначала в различных областях Франции, затем в других странах. О «бетилах», о которых мы не раз писали, здесь говорится мало, и из немногих цитат, где они упоминаются, не очень понятно, что они собой представляют; если речь идёт об аэролитах, то сближать их с «громовыми камнями» можно лишь по недоразумению; перечень же разных видов «громовых камней» показывает, что допущено и множество других смешений, но все они, в сущности, проистекают из одной исходной ошибки толкования: в этих камнях видят не символ молнии, а камни, упавшие с неба вместе с ней, как мы объясняли в статье, некогда посвящённой нами этому вопросу здесь же (номер за май 1929 г.). Подлинные «громовые камни», к которым всё же относится большинство собранных фактов, — доисторические топоры; к ним следует присоединить каменные наконечники стрел и некоторые окаменелости в форме стрел (белемниты), что есть лишь вариант того же символизма; здесь мы отсылаем к тому, что недавно писали по вопросу о символическом оружии (номер за октябрь 1936 г.). Отметим ещё особый случай, когда «громовыми камнями» считаются драгоценные камни или природные кристаллы; его действительно стоит выделить: он может быть связан с двойным значением слова vajra — «молния» и «алмаз», и тогда здесь перед нами иной символизм. Возвращаясь к доисторическому оружию, заметим: мало сказать, как это делает автор, что его считали «громовыми камнями», потому что забыли его подлинное происхождение и назначение. Будь дело только в этом, оно могло бы породить и множество других догадок; но во всех странах без исключения это всегда «громовые камни» и никогда ничто иное. Символическая причина тут очевидна, а «рациональное объяснение» обезоруживающе ребячливо!
Дион Форчун. «Мистическая Каббала» (La Cabale mystique). Перевод с английского Габриэля Трарьё д’Эгмона. (Издательство Éditions Adyar, Париж). — Два слова в заглавии этого объёмистого тома довольно плохо сочетаются; впрочем, по правде говоря, то, о чём здесь идёт речь, так же мало мистично, как и инициатично: это прежде всего магия, а магия — опять-таки нечто совсем иное. В самом деле, постоянно говорится о «силах», «видениях», «вызываниях», «астральных проекциях» — вещах одновременно опасных, даже когда на деле они сводятся к простому самовнушению, и довольно незначительных, даже когда им, напротив, соответствуют некоторые реальные результаты. Точнее, речь идёт о «церемониальной магии», и книга довольно ярко подтверждает то, что мы писали на этот счёт некоторое время назад. Показательно уже, как часто в ней встречается слово «церемонии» и как редко — слово «ритуалы»; ещё показательнее прямое признание, что «церемониал — чистая психология» и что предназначен он по существу «для воздействия на воображение оператора»; таково и наше мнение, поскольку именно этим он и отличается от подлинных ритуалов, но само собой разумеется, что наша оценка подобных приёмов совершенно расходится с оценкой автора. Не менее показательна странная мысль называть «объективным» и «субъективным» то, что на самом деле является соответственно «макрокосмическим» и «микрокосмическим»: если результаты, достигнутые существом в его собственном развитии, лишь «субъективны», то это всё равно что сказать, будто их нет вовсе! Постоянно взывают к воображению и, что ещё тревожнее, к «подсознанию» — вплоть до того, что немалое место отводится пресловутым теориям Фрейда; вот уж поистине низко пала Каббала… В сущности, всё это не может нас удивлять, коль скоро мы знаем, что автор состояла в Golden Dawn, прежде чем основать собственную школу под названием «Братство внутреннего света», а главными «авторитетами» называет Мак-Грегора Мазерса и… Алистера Кроули, добавляя к ним ещё разных оккультистских и теософистских писателей. Если «христианская Каббала», сложившаяся в эпоху Возрождения, уже весьма далеко отстояла от подлинной еврейской Каббалы, то что сказать об «оккультистской Каббале», появившейся в XIX веке, где уцелевшие немногие традиционные данные тонут под грудой разнородных элементов, подчас весьма сомнительного происхождения, и под соответствиями, перепутанными не столько намеренно, сколько по явному невежеству, — а всё вместе сведено в «синкретизм», который, что бы ни говорили поборники так называемой «западной традиции», не имеет решительно ничего общего с «синтезом»? В подобной работе Каббала (или, лучше сказать, учение о сфирот, которое есть лишь одна из её ветвей) служит уже почти только рамкой, чтобы не сказать предлогом, для самых пёстрых умозрений, где немалое место отведено даже современной науке; оказывается, это и значит «трактовать Каббалу живо» — как будто подлинная Каббала мертва и интересна лишь как исторический или археологический курьёз! Намерение «осовременить» Каббалу автор, впрочем, и не скрывает — ей нельзя отказать хотя бы в откровенности; но, будучи открытой «эволюционисткой», она видит усовершенствование в том, что нам кажется лишь довольно плачевным вырождением… Поэтому, когда нам говорят о неких «рукописях, известных только посвящённым», мы позволяем себе сильно усомниться — не в их существовании, а в их традиционной ценности; и те, кто знает, что мы думаем о так называемых современных западных «инициатических школах», легко поймут, что мы не можем не улыбнуться, видя ссылки на «реальные и законные оккультные тайны, открываемые одним лишь посвящением», — даже если бы рядом не было упоминания о «заочных курсах», слишком красноречиво говорящего о качестве этого «посвящения»! — После всего этого излишне разбирать частные ошибки, хотя есть среди них и довольно забавные: например, «Восточный Путь» противопоставляется «Западному Пути», как будто первый существует в единственном числе; конфуцианство принимается за «метафизическую веру»; «ведантистам» приписывается теософистская фантасмагория «Лучей и Кругов»; или известная фраза «Изумрудной скрижали» приводится в виде «что вверху, то внизу». Любопытно и то, что квакеров здесь выдают за «чисто инициатическую школу», бхакти-йогу смешивают с религиозным экзотеризмом, а служить мессу действенно считают возможным вне всякого «апостольского преемства»; об особой ментальности, которую выдаёт последний пункт, можно было бы сказать очень многое… Отметим также преувеличение, когда «Древо Жизни» объявляется единственной основой всякого символизма, несколько чрезмерное значение, придаваемое Таро, и — хотя бы как курьёз — своего рода одержимость «Зелёным Лучом», напоминающую нам странные истории… Скажем несколько слов ещё об одном частном вопросе. быть может, читатели помнят, что в конце нашего очерка о Кундалини-йоге мы указали на соответствие сфирот, рассматриваемых с «микрокосмической» точки зрения, чакрам индусской традиции. Оказывается — чего мы тогда совершенно не знали, ибо здесь впервые видим об этом упоминание, — что Кроули и генерал Фуллер пытались установить такое соответствие; но оба их варианта, воспроизведённые в этой книге, ошибочны — прежде всего потому, что авторы не заметили: если рассматривать каждую из трёх пар сфирот, расположенных на одном уровне, как поляризацию единого принципа, то десятеричное число сфирот самым простым образом сводится к семеричному числу чакр. — Наконец, об оформлении книги: гораздо лучше было бы вовсе не приводить некоторые слова еврейскими буквами, чем печатать их так, что почти ни одна буква не верна. И почему переводчик всегда пишет в женском роде «la Yoga», «la Swastika» и даже «la Sépher Yetzirah»? Переводчику стоило бы также остерегаться «ложных друзей» — английских слов, которые очень похожи на французские, но подчас значат совсем иное…