1936
– Le n° de décembre d’Atlantis a pour sujet principal L’Allemagne et l’Atlantide ; on y trouve un aperçu des principaux ouvrages publiés récemment en Allemagne et dont les auteurs veulent rattacher la civilisation de leur pays à des origines tantôt nordiques, tantôt atlantéennes, car tout cela est plein de confusions, qui montrent bien que les partisans les plus déterminés de la prétendue « race âryenne » ne savent pas trop eux-mêmes ce qu’ils doivent entendre par là. Bien entendu, M. paul le cour ne manque pas d’agrémenter son exposé de quelques fantaisies sur Aor-Agni et sur le swastika « symbole de la force » : signalons-lui, à ce propos, que ce n’est pas un swastika que le dieu Thor tient à la main, mais un marteau, ce qui n’a aucun rapport, quoi qu’en puissent dire certains ; nous ne voyons pas du tout en quoi le swastika peut ressembler à un marteau, non plus d’ailleurs qu’à un instrument pour produire le feu…
– Atlantis (n° de février) consacre cette fois son principal article à L’Atlantide et les Mégalithes ; M. Georges Poisson y recherche ce que peut être le « peuple des dolmens », et il pense qu’il devait être « de complexion nordique », ce qui ne s’accorde guère avec l’hypothèse d’une origine atlantéenne ; ce peuple aurait porté le nom de Vanes, qui se retrouve dans plusieurs régions sous des formes plus ou moins modifiées ; nous pouvons ajouter que ce nom est le même que celui des « Phéniciens » primitifs auxquels nous faisions allusion récemment à propos de la « Terre du Soleil », ce qui achève de montrer qu’il s’agit bien, non pas d’Atlantes, mais d’Hyperboréens. Vient ensuite un autre article intitulé L’énigme dolménique, dont l’auteur cherche à prouver, par des considérations inspirées du plus bel esprit « scientiste », que cette énigme n’existe pas : les dolmens auraient été tout simplement des sépultures, dont la « superstition » qu’on est convenu d’attribuer aux « primitifs » aurait d’ailleurs fait tout naturellement des temples et même des « officines de magie » ; et il paraît que, probablement pour éviter de ressembler aux dits « primitifs », nous avons « le devoir de chasser de notre esprit la hantise du mystère » ! – D’autre part, revenant à la question Italie et Éthiopie, M. paul le cour, au milieu de fantaisies diverses, éprouve le besoin de nous nommer, d’une façon qui paraît vouloir sous-entendre nous ne savons trop quelles insinuations ; pour y couper court en tout état de cause, nous redirons encore une fois : 1° que « nos doctrines » n’existent pas, pour la bonne raison que nous n’avons jamais fait autre chose que d’exposer de notre mieux les doctrines traditionnelles, qui ne sauraient être la propriété de personne ; 2° que chacun est naturellement libre de citer nos écrits, à la condition de le faire « honnêtement » c’est-à-dire sans les déformer, et que cela n’implique de notre part ni approbation ni désapprobation des conceptions particulières de celui qui les cite ; 3° que le domaine de la politique nous étant absolument étranger, nous refusons formellement de nous associer à toute conséquence de cet ordre qu’on prétendrait tirer de nos écrits, dans quelque sens que ce soit, et que par conséquent, à supposer que la chose se produise, nous n’en serons assurément pas plus responsable, aux yeux de toute personne de bonne foi et de jugement sain, que nous ne le sommes de certaines phrases que nous a parfois attribuées gratuitement la trop fertile imagination de M. paul le cour lui-même !
– Le n° de juillet d’Atlantis a pour titre général Les Argonautes et la Toison d’Or ; M. paul le cour y envisage surtout le voyage des Argonautes comme remontant en quelque sorte les étages suivis par la tradition à partir de son centre nordique originel ; ce pourrait être là un beau sujet de « géographie sacrée »… à la condition de n’y pas introduire trop de fantaisie. – M. Eugène Canseliet étudie l’interprétation hermétique de la Toison d’Or, suivant les conceptions spéciales d’une certaine école où, à ce qu’il nous semble, on donne à l’argot une importance quelque peu excessive. Peut-être est-ce pour cela qu’on pourrait relever dans son article tant d’explications linguistiques sujettes à caution ; mais nous nous contenterons d’en relever une qui dépasse par trop les bornes permises : le mot élixir ne dérive pas du grec, mais est purement arabe ; le simple article al qui entre dans sa composition n’a rien à voir avec le soleil, et, pour le reste, la racine Ksr est bien loin d’ixis ! Il est vrai que, après tout, cela vaut bien l’Iberborée de M. paul le cour, et que, de l’argot… nautique, il n’est que trop facile de passer au bara-gwin…
– Le n° de septembre d’Atlantis est intitulé Traditions celtiques et américaines ; en fait, c’est surtout un recueil de notes, d’extraits et de comptes rendus divers se rapportant plus ou moins directement à ces deux sujets. À propos d’un des extraits qui y sont reproduits, nous avons constaté, en ce qui concerne les monuments mégalithiques, une curieuse illusion que nous avions déjà remarquée d’autre part chez quelques-uns des « mesureurs » de la Grande Pyramide : on effectue les mesures en mètres, et, des nombres ainsi obtenus, on pense pouvoir déduire certaines conséquences, comme si l’on s’imaginait que le système métrique a dû être en usage de toute antiquité !
1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)