1935
Dans Atlantis (n° de juillet-août), M. paul le cour parle d’un voyage qu’il a fait au Portugal et aux Açores, à la recherche des vestiges de l’Atlantide ; les résultats n’en semblent pas bien « sensationnels »… Il a pourtant fait une découverte : c’est que le serpent symbolique qui se retrouve dans de nombreuses traditions doit avoir été primitivement une anguille, « poisson de l’Atlantide » ; et il en prend prétexte pour partir encore en guerre contre l’Inde (curieusement désignée par lui comme l’Extrême-Orient), qui « ignore Aor » et « n’a conservé que le symbole d’Agni sous la figure répugnante (!) du serpent cobra » ; toute question de goût esthétique à part, on perdrait sans doute son temps à lui expliquer que ledit serpent n’a absolument rien à voir avec Agni et aussi qu’il est tout naturel que la tradition hindoue ne s’exprime pas en hébreu… Mais du moins ferait-il bien de relire attentivement les premiers versets de la Genèse : il s’apercevrait peut-être qu’on n’y voit pas « la lumière flotter sur les eaux » ! Notons encore quelques autres trouvailles moins importantes, comme le rapport du nom de la mer des Sargasses avec le grec sarx, « chair », qui serait aussi celui du poulpe (nous nous souvenons qu’il avait donné jadis une explication quelque peu différente, suivant laquelle il fallait d’abord traduire « chair » par « pulpe » pour arriver au « poulpe »,… lequel, à la vérité, vient tout simplement du polupous), ou celui du mot corrida, dont la dérivation latine est bien évidente, avec le nom de la divinité celtique Corridwen ! – Dans le n° de septembre-octobre, M. paul le cour sacrifie à l’« actualité » en parlant de L’Éthiopie et l’Atlantide : il fait d’ailleurs complètement fausse route en cherchant à désigner certains prétendus responsables du présent conflit : mais ce qui est vraiment bien curieux, c’est de voir ce « défenseur de l’Occident » prendre parti pour l’Éthiopie, juste au moment où d’autres, précisément au nom de la « défense de l’Occident », viennent de lancer un manifeste en sens contraire ; que ne se mettent-ils d’accord entre eux ? Encore une petite remarque : il paraît que les Atlantes auraient été appelés parfois Éthiopiens ; en admettant que ce soit exact, faut-il en conclure que « les Atlantes ne pouvaient être qu’une race noire » (ce qui, soit dit en passant, contredirait d’ailleurs formellement leur prétendue identification avec les Hyperboréens) ? Les Chinois aussi se désignent eux-mêmes sous le nom de « têtes noires » ; sont-ils de race noire pour cela ? Il est fâcheux, pour quelqu’un qui se pique d’« hermétisme » de n’avoir pas songé à rapprocher de semblables désignations de l’antique nom de Kemi, et, par suite, du nom même de l’« alchimie » !
1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)