René guénon Comptes rendus d’articles de revues parus de 1931 à 1950 dans « Le Voile d’Isis », devenu « Études Traditionnelles » en 1935.
1931
– Le numéro de novembre-décembre d’Atlantis est consacré en grande partie à la reproduction des discours prononcés au « troisième banquet platonicien ». Par ailleurs, une note qui prétend répondre à notre précédente mise au point nous oblige à quelques nouvelles remarques : 1° l’emploi du « nous » en écrivant est une question, non de « simplicité » ou de son contraire, mais d’usage et de convenances (comme l’habitude de mettre une majuscule à un nom propre) ; ce pluriel se trouve être, en outre, susceptible d’une intéressante signification initiatique ; 2° ce n’est pas parce que M. Le Cour, impressionné plus qu’il ne convient par les rêveries de feu M. de Sarachaga, croit trouver Agni et Aor dans Ag-ar-Tha ou dans tout autre nom, que nous sommes obligés de l’admettre ; 3° nous n’avons jamais éprouvé qu’un fort médiocre intérêt pour le Gnosticisme, d’abord parce qu’il est bien difficile actuellement de savoir au juste ce qu’il fut en réalité, et ensuite parce qu’en tout cas sa forme grecque est pour nous des plus rebutantes ; 4° toutes les formes régulières de la Tradition sont équivalentes, et, par conséquent, les mêmes choses quoique autrement exprimées, se trouvent à la fois dans l’Hindouisme, dans le Taoïsme, dans l’Islamisme ésotérique, etc. ; nous n’avons jamais envisagé les choses d’une autre façon ; 5° du reste, depuis à peu près un quart de siècle que nous nous occupons des questions d’ordre initiatique, nous n’avons jamais varié en quoi que ce soit, et nous souhaiterions à certains de pouvoir en dire autant ; 6° enfin, nous n’avons pas à faire savoir à M. Le Cour où à tout autre « chercheur » ce que nous possédons ou ne possédons pas ; et, pour ce qui est particulièrement du « pouvoir des clefs », ainsi que nous l’avons fait entendre dans Autorité spirituelle et pouvoir temporel, nous nous expliquerons là-dessus le jour où il nous conviendra ; jusque-là, rien ne « se verra » que ce que nous voudrons bien laisser voir, et, bon gré mal gré, M. Le Cour devra en prendre son parti. Ajoutons qu’il n’est pas nécessaire de « posséder les clefs de l’hermétisme » pour savoir que la fête de saint Jean n’est pas devenue celle du Sacré-Cœur, ou que les animaux appelés « lémuriens » ne vivent pas en Asie centrale, mais à Madagascar…
– Dans La Flèche (numéro du 15 janvier), nous trouvons, à côté d’une conférence sur le Satanisme, un article qui se termine par cette affirmation péremptoire : « C’est l’Occident qui sait la vérité et c’est de l’Occident que viendra le salut. » Il ne nous déplaît pas que de telles choses soient dites en un pareil lieu ; voilà des recrues bien compromettantes pour les « défenseurs de l’Occident » !
– Atlantis (numéro de janvier-février) annonce son intention de se consacrer davantage que par le passé à l’étude du symbolisme. Un article de M. Ph. Lebesgue, intitulé La naissance des symboles, s’inspire largement du Barddas paru récemment ici-même. Dans un autre article, M. Paul Le Cour parle du swastika, dans lequel il veut voir le « symbole de la force » ; ne prend-il pas au sérieux l’usage qu’en font les « racistes allemands » ?
– Atlantis (n° de juin-juillet) publie une conférence de M. J. Toutain sur Le Mythe de Phaéton. – M. Paul Le Cour éprouvant le besoin de nous attaquer encore une fois dans ce même numéro, nous lui ferons savoir : 1° que nous n’avons pas à lui rendre compte des raisons spéciales pour lesquelles nous avons dû, à une certaine époque, voir par nous-même ce qu’il en était réellement de diverses organisations se qualifiant plus ou moins justement d’« initiatiques » ; 2° que le mot « Gnose » signifie exactement « Connaissance », ce qui n’a rien à voir avec le « gnosticisme », et que, pour notre part, nous ne l’avons jamais pris dans un autre sens ; 3° que, depuis le temps assez lointain dont il parle, nous avons si peu varié qu’il pourra retrouver, sous la signature à laquelle il fait allusion, des articles dont le contenu est reproduit intégralement, avec d’autres développements, dans quelques-uns de nos livres les plus récents. Quant à l’hermétisme, sur lequel notre article publié ici en mai dernier ne prétendait donner qu’un aperçu très général, n’ayant rien à voir avec telles ou telles connaissances précises dont il ne nous convient pas de parler présentement, ce n’est, nous le répétons, qu’un aspect secondaire de la tradition ; et, de plus, nous ne voyons pas en quoi l’hermétisme chrétien pourrait être plus « essentiel » que l’hermétisme islamique, ou que la partie correspondante d’autres formes traditionnelles… Mais est-ce bien la peine de relever les opinions de quelqu’un qui trouve des choses extraordinaires dans le retournement des mots Maroc et Suez, sans se douter qu’ils ne sont qu’une vulgaire corruption des noms arabes Merakesh et Es-Swês ? Nous ne pouvons d’ailleurs nous étonner de rien de la part de l’auteur d’une note sur le « baragouin » (n° de mars), où se lit cette assertion prodigieuse : « En hébreu, BaRa, premier mot de la Genèse, veut dire commencement » ! Nous avions jugé charitable de ne pas citer cette phrase en son temps, mais ces mauvaises plaisanteries se prolongent un peu trop ; que M. paul le cour (sans majuscules, puisqu’il semble y tenir) emploie donc ses loisirs à méditer sur les mystères du mot bafuna, et qu’il s’applique à lui-même ce que son admirable perspicacité ne manquera pas d’y découvrir !
II. Отзывы на статьи изданные с 1931 по 1950 гг. в «Вуаль Изиды» (с 1935 г. «Традиционные исследования»)
1931 г.
(перевод на русский язык отсутствует)