Novembre 1938
– Le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (numéro de septembre) donne une étude sur la clef comme symbole du silence ; c’est là en effet une de ses multiples significations, mais qui n’est d’ailleurs qu’assez secondaire ; et il est permis de penser que son importance, dans la Maçonnerie même, tient plutôt, en premier lieu, à sa connexion avec le symbolisme de Janus.
– Dans France-Amérique du Nord (numéro du 11 septembre), M. Gabriel Louis-Jaray reproduit la note que nous avons consacrée à son précédent article sur Franklin, en la faisant suivre de ces quelques réflexions : « Tous ceux qui s’intéressent au rôle éminent de Franklin d’abord en Angleterre contre la France, puis en France contre l’Angleterre, et à ses vues hostiles sur plus d’un point à celles de Washington, aimeraient que M. René Guénon explique pour ceux qui suivent cette histoire comment il conçoit l’action de Franklin et la « contre-initiation » dont il parle. Dans son livre La Franc-Maçonnerie et la
Révolution intellectuelle du XVIIIe siècle, M. Bernard Fay, qui consacre tout un chapitre à Franklin, le qualifie de « Maçon orthodoxe du teint le plus pur ». En historien, je demanderai à M. René Guénon de nous expliquer son point de vue, puisqu’il ne semble pas partager celui de M. Bernard Fay. » Il est plutôt amusant qu’on veuille nous opposer l’opinion de M. Bernard Fay, qui, même en admettant qu’il soit un historien impartial (ce qui est fort douteux d’après ce que nous en savons, bien que nous n’ayons pas eu l’occasion de lire son livre), ne peut en tout cas avoir aucun moyen de savoir en quoi consiste réellement l’orthodoxie maçonnique. Washington, de même que La Fayette, était assurément un honnête « Maçon orthodoxe » ; sa divergence même avec Franklin n’indiquerait-elle pas déjà que celui-ci était tout autre chose ? Pour le surplus, nous ne pouvons répondre à M. Gabriel Louis-Jaray « en historien », puisque tel n’est pas notre point de vue, ni répéter tout ce que nous avons écrit sur la question de la « contre-initiation » ; nous sommes obligé de le prier de bien vouloir s’y reporter si cela l’intéresse, en attirant notamment son attention sur les indications que nous avons données quant aux particularités suspectes du sceau des États-Unis ; et nous lui signalerons en outre qu’il doit exister un portrait de Franklin, gravé à l’époque, et portant cette devise dont le caractère « luciférien » est assez frappant : « Eripuit coelo fulmen sceptrumque Tyrannis. »
Ноябрь 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)