Octobre 1938
– Dans le Speculative Mason (numéro de juillet), étude sur le Passing, c’est-à-dire l’initiation au grade de Compagnon, ainsi appelée parce qu’elle représente une phase transitoire entre l’Apprentissage et la Maîtrise ; l’interprétation qui est donnée de la « Géométrie », comme associée plus spécialement à ce grade, appellerait quelques réserves et surtout beaucoup de compléments. – Dans la suite de The Preparation for Death of a Master Mason, il est question des différents stades de la vie humaine, avec référence plus particulière aux quatre âshramas de la tradition hindoue, et du processus de « mort graduelle » pendant la vie même, qui est comme un acheminement vers la libération finale.
– Dans le Symbolisme (numéro de juin), signalons une courte étude de François Ménard sur le Symbolisme du Tablier, mis en corrélation avec certains des centres subtils de l’être humain, ce qui en fait tout autre chose que le simple « symbole du travail » qu’on y voit exotériquement, à moins pourtant qu’on ne précise qu’il s’agit d’un travail proprement initiatique ; la méprise qui se produit habituellement à cet égard est, comme il le fait remarquer, exactement comparable à celle à laquelle donne lieu le sens du mot « opératif ». – Dans le numéro de juillet, Oswald Wirth et Albert Lantoine reprochent une fois de plus à la Maçonnerie anglaise de méconnaître le « pur Maçonnisme », qu’ils croient être représenté par les Constitutions d’Anderson, alors qu’au contraire celles-ci s’en écartaient fort, et que les modifications adoptées par la suite sous l’influence des « Anciens » tendent à s’en rapprocher dans une certaine mesure, pour autant que le permettent les limitations « spéculatives ». La déclaration initiale des Constitutions ne fut modifiée qu’en 1815, comme conséquence de l’union des « Anciens » et des « Modernes », et non pas dès 1738 comme certains l’ont cru à tort ; la seconde rédaction d’Anderson, celle de 1738, ajoutait seulement des allusions au « vrai Noachite » et aux « trois grands articles de Noé », qu’Oswald Wirth trouve « énigmatiques », et qui le sont en effet en ce sens qu’il y a là un rappel de quelque chose qui peut remonter fort loin ; mais, dans la pensée très peu ésotérique d’Anderson lui-même, les trois articles en question ne pouvaient pas signifier autre chose que « paternité divine, fraternité humaine et immortalité », ce qui n’a certes rien de bien mystérieux…
Quant à la question des Landmarks, qu’Albert Lantoine vise plus particulièrement, elle est assurément obscure par plus d’un côté ; mais à qui en imputer la faute première, sinon aux fondateurs de la Maçonnerie « spéculative » et à leurs connaissances par trop insuffisantes, sans parler des préoccupations d’ordre « extra-initiatique » qui influèrent grandement sur leur travail et ne contribuèrent pas précisément à en faire un « chef-d’œuvre », au sens proprement « opératif » de cette expression ?
– Dans la Revue Internationale des Sociétés Secrètes (numéro du 15 juin), les articles sur Les Ancêtres de la Franc-Maçonnerie en France se continuent par un examen de la « légende des Stuarts » ; l’auteur critique justement Gustave Bord, qui, en tant qu’historien, « s’en est toujours tenu à la lettre des documents », ce qui est fort insuffisant ; mais ses propres arguments, sur la question dont il s’agit, ne nous paraissent pas des plus convaincants, et, si l’on peut assurément admettre que l’activité maçonnique des partisans des Stuarts fut plus considérable que la leur propre, il est tout de même bien difficile de supposer qu’elle s’exerça entièrement à leur insu et qu’ils ne jouèrent pas tout au moins ce qu’on peut appeler un rôle d’apparat, à quoi se réduit en fait la fonction de bien des dignitaires « officiels », dans la Maçonnerie comme ailleurs. En tout cas, pour ce qui est de l’affirmation qu’il n’y a jamais eu de Maçonnerie « jacobite » ou « orangiste », mais qu’il y a toujours eu « la Maçonnerie ») purement et simplement, rien ne saurait être plus faux ; à partir de 1717, il n’y a jamais eu, au contraire, que de multiples organisations maçonniques de tendances fort divergentes, et les actuels différents de la Maçonnerie « latine » et de la Maçonnerie « anglo-saxonne », pour ne prendre que l’exemple le plus manifeste, montrent bien que rien n’est changé à cet égard depuis le XVIIIe siècle !
– Dans les numéros des 1er et 15 juillet, cette série d’articles se termine par une étude, à vrai dire très partiale, de la biographie de Ramsay ; s’il en résulte assez clairement que le fameux discours qui lui est attribué est bien authentique, on ne peut cependant en tirer aucune conclusion en ce qui concerne son rôle effectif dans l’institution des hauts grades dits « écossais », ce qui eût été le point le plus intéressant à éclaircir. Quant à l’idée d’interpréter le discours de Ramsay en y traduisant « Croisés » par « Rose-Croix », elle est du domaine de la fantaisie pure ; l’auteur paraît d’ailleurs se faire, du Rosicrucianisme et de ses rapports avec la Maçonnerie, une conception vraiment extraordinaire et qui ne répond à aucune réalité.
Октябрь 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)