Juillet 1938
– Le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (numéro de mai) étudie les raisons pour lesquelles, suivant la tradition de la Maçonnerie opérative, la première pierre d’un édifice doit être posée dans l’angle nord-est (symboliquement tout au moins, si la disposition des lieux ne permet pas que cette orientation soit exacte en fait) ; c’est là une question qui, au fond, se rattache à celle des « circumambulations », avec une relation plus particulière à la marche du cycle diurne.
– Dans le Symbolisme (numéro de mai), Oswald Wirth envisage La Rénovation du Rituel, sujet bien dangereux, car il serait fort à craindre qu’une telle « rénovation » ne soit surtout une « altération » ; nous ne voyons pas ce que l’introduction de « moyens modernes » peut ajouter à la valeur d’un rituel initiatique, qui d’ailleurs ne gagne jamais rien à être entouré de « cérémonies » superflues ; et, d’autre part, y a-t-il beaucoup de chances pour que ceux qui seraient chargés de cette tâche soient capables de discerner l’essentiel, qui ne peut en aucun cas être modifié, sous peine d’irrégularité ou même de nullité au point de vue de la transmission initiatique ? – G. Persigout parle de Correspondances, Analogie, Intériorité ; nous ne voyons pas bien pourquoi il proteste contre l’expression de « correspondance analogique », qui n’identifie pas, comme il semble le croire, les correspondances et l’analogie, et qui en ferait d’ailleurs un pléonasme pur et simple ; en fait, il y a des correspondances qui sont analogiques et d’autres qui ne le sont pas. Nous ne comprenons pas davantage pourquoi les correspondances devraient constituer un « système » parce qu’elles ont un « contenu doctrinal », ni pourquoi ce contenu devrait se borner à être celui des sciences dites « positives », qui ne sont en réalité que les sciences profanes, alors que les véritables correspondances sont au contraire celles qui se fondent sur les sciences traditionnelles ; mais, quand on voit comment l’auteur cite et utilise pour sa thèse les idées de certains philosophes contemporains, on ne peut guère s’étonner qu’il n’aperçoive pas très clairement la distinction de ces deux ordres de connaissance…
– La Revue Internationale des Sociétés Secrètes numéro du 1er mai) achève l’examen de la biographie du duc de Wharton : il en résulte qu’il séjourna à peu près un an en France, en 1728-1729, d’où la conclusion, assurément très plausible, que c’est pendant cette période qu’il dut être Grand-Maître des Loges de France ; qu’il ait été le premier à porter ce titre, cela est vraisemblable aussi, même si l’introduction de la Maçonnerie en France remonte à 1725. – Dans le numéro du 15 mai, il s’agit d’établir la chronologie des successeurs du duc de Wharton : si le chevalier James Hector Macleane lui succéda immédiatement, il dut être élu lorsque le duc de Wharton quitta la France pour l’Espagne, c’est-à-dire en 1729, et il resta sans doute en fonctions jusqu’en 1736 ; à cette dernière date, il fut remplacé par Charles Radcliffe, comte de Derwentwater, dont le nom a été si bizarrement transformé en « d’Harnouester », et qui eut lui-même pour successeur, en 1738, le duc d’Antin, premier Grand-Maître français ; à partir de là, l’histoire est beaucoup mieux connue, et la série des Grands-Maîtres ne présente plus aucune obscurité.
Июль 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)