Décembre 1938
– Dans le Speculative Mason, la suite de l’étude sur The Preparation for Death of a Master Mason envisage la « Tradition Sacrée », qui est représentée symboliquement dans les Loges par la Bible parce que celle-ci est, en fait, le Livre sacré de l’Occident depuis l’époque chrétienne, mais qui ne doit point être considérée cependant comme se limitant à ce seul Livre, mais au contraire comme comprenant également et au même titre les Écritures inspirées de toutes les formes traditionnelles diverses, qui ne sont qu’autant de branches dérivées de la même Sagesse primordiale et universelle. Un autre article est encore consacré à la question des Landmarks, qui est, comme l’on sait, le sujet de discussions interminables ; il l’éclaire quelque peu en se référant à la signification originelle du mot, appliqué dans la Maçonnerie opérative aux marques par lesquelles étaient fixés le centre et les angles d’un édifice avant sa construction, ce qui, par transposition, peut permettre d’interpréter les caractères généralement reconnus aux Landmarks dans le sens d’une vérité immuable, universelle et intemporelle en elle-même, et en même temps susceptible, dans les différents domaines d’existence et d’action, d’applications qui sont comme autant de reflets, à des degrés divers, d’un « Archétype » purement spirituel ; et il va de soi que, dans ces conditions, les véritables Landmarks ne peuvent en aucune façon être assimilés à un ensemble de règles écrites, qui ne sauraient en exprimer tout au plus que le reflet le plus indirect et le plus lointain.
– Dans le Symbolisme (numéro d’août-septembre), Oswald Wirth critique assez justement la tendance excessive des Maçons américains à se parer de titres et d’insignes de tout genre ; mais peut-être ne marque-t-il pas assez nettement la distinction qu’il convient de faire entre les grades authentiques des différents rites maçonniques et les multiples organisations « à côté » qui, même lorsqu’elles sont exclusivement réservées aux Maçons, n’en ont pas moins un caractère en quelque sorte « parodique », du fait qu’elles sont dépourvues de toute valeur initiatique réelle. – Dans le numéro d’octobre, il s’attaque une fois de plus à la présence obligatoire de la Bible dans les Loges anglo-saxonnes ; pourtant, si on l’envisage comme symbolisant la « Tradition Sacrée » au sens qui a été indiqué ci-dessus, nous ne voyons pas à quelles difficultés elle peut donner lieu ; mais il est vrai que, pour comprendre cela, il faudrait ne pas voir la Bible à travers les opinions des « critiques » modernes, qui sont à l’opposé de toute connaissance d’ordre ésotérique et initiatique. – Dans les deux mêmes numéros, Ubaldo Triaca expose ses « vues personnelles » sur une Rénovation maçonnique qui pourrait mettre fin aux divergences actuelles ; il reproche aux Obédiences « latines » d’avoir trop souvent laissé s’établir en fait une tendance antireligieuse, alors que la Maçonnerie devrait être à la religion dans le rapport de l’ésotérisme à l’exotérisme ; aux Obédiences anglo-saxonnes, il reproche au contraire de confondre le point de vue maçonnique avec celui de la religion exotérique, et c’est encore la question de la Bible qui est ici le principal grief, ce qui montre que l’idée du sens profond des Écritures sacrées est décidément bien oubliée de nos jours. L’explication du rôle de la Bible par l’influence d’un milieu protestant est d’ailleurs ici tout à fait insuffisante et superficielle ; et, pour ce qui est de la proposition de remplacer la Bible entière par le seul Évangile de saint Jean, nous ne voyons pas ce que son adoption changerait en réalité, car, dans l’un et l’autre, c’est toujours, au fond, une portion plus ou moins étendue de la « Tradition Sacrée » qui serait prise pour en représenter symboliquement la totalité.
Декабрь 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)