Avril 1939
C. Chevillon. Le vrai visage de la Franc-Maçonnerie : Ascèse, apostolat, culture. (Édition des Annales Initiatiques, Librairie P. Derain et L. Raclet, Lyon). – L’auteur de cette brochure est peu satisfait de l’état présent de la Maçonnerie, ou plutôt des organisations maçonniques, et il est de ceux qui voudraient trouver un remède à leur dégénérescence ; malheureusement, il est bien difficile de découvrir, dans les réflexions auxquelles il se livre à ce propos, quelque chose de plus et de mieux que cette bonne intention, qui ne suffit certes pas pour aboutir à un résultat effectif. Nous pensons que, par « ascèse », il faudrait entendre proprement, surtout si l’on veut appliquer ce mot dans l’ordre initiatique, une méthode de développement spirituel ; mais ici, en fait, il n’est guère question que de développer les « facultés psychologiques », envisagées suivant leur classification la plus banalement « universitaire » : sensibilité, intelligence, volonté ; il est bien entendu qu’intelligence, en pareil cas, ne veut dire que raison ; ce qui est plus curieux est que l’auteur croit pouvoir mettre la volonté en rapport avec le « monde des idées pures »… Quant à son idée d’« apostolat », elle semble procéder surtout d’une confusion de la « réalisation » avec l’action extérieure, ce qui est aussi peu initiatique que possible ; et, au fond, nous ne voyons pas une bien grande différence entre ses préoccupations sociales et celles dont l’intrusion dans la Maçonnerie moderne a largement contribué à produire la déviation qu’il déplore. Enfin, la « culture », c’est-à-dire en somme l’éducation tout extérieure, conçue à la manière profane, n’a aucun rapport avec l’obtention de la véritable connaissance ; et, s’il est assurément très bien de dire que « le Maçon doit acquérir le sens de l’Éternel », encore faudrait-il pour donner une valeur réelle à cette affirmation, ne pas s’en tenir à un « verbalisme » plus ou moins vide, qui est peut-être « philosophique », mais qui ne reflète rien de vraiment initiatique, ni d’ailleurs de spécifiquement maçonnique, si l’on entend ce dernier mot suivant la conception traditionnelle, et non suivant ce qu’il représente pour la plupart de nos contemporains, y compris la grande majorité des Maçons eux-mêmes !
Апрель 1939 г.
(перевод на русский язык отсутствует)