Le Caire, 20 septembre 1949
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre, et, quelques jours plus tôt, j’avais déjà appris votre venue en Europe par M. Bourdariat, qui me disait avoir eu votre visite à Rome vers le 15 août ; mais je vois que votre séjour n’aura pas été de longue durée cette fois, puisque, d’après ce que vous me dites, vous devez être maintenant rentré dans l’Inde.
Il y a bien longtemps, je crois à peu près un an, que je n’avais eu des nouvelles, directement du moins ; entre temps, F. Menard m’a dit qu’il était entré en correspondance avec vous au sujet du symbolisme de l’alphabet sanscrit, et il paraissait fort heureux.
Je n’ai rien reçu jusqu’ici de M. Poddar ; il est possible qu’il s’agisse seulement d’un retard, puisque tout est toujours très irrégulier, mais cependant je crains que sa lettre ne se soit perdue, car cela est encore arrivé pour plusieurs autres en ces derniers temps. Il ne me serait guère possible de trouver actuellement le temps d’écrire un article, et je vois que vous l’avez bien pensé, mais je pourrais du moins, comme vous le suggérez, indiquer un ancien article ou un fragment d’ouvrage à traduire, s’il se trouve quelque chose qui puisse convenir. Seulement, il faudrait pour cela que je sache exactement quel est le sujet ou le programme de ce n° spécial de « Kalyan » ; pour le cas où décidément la lettre de M. Poddar ne me parviendrait pas, j’espère que vous voudrez bien me donner les précisions nécessaires.
Quant au projet de M. Poddar pour la publication de traductions en hindi de quelques-unes de mes ouvrages, je serais fort heureux qu’il puisse aboutir ; sans doute saurez-vous bientôt plus exactement quelles sont ses intentions. Pour éviter tout malentendu par la suite, il faut que je vous prévienne dès maintenant (ceci à cause de votre remarque à son sujet) que, d’une façon générale, la question des droits de traduction ne dépend pas de moi, mais des éditeurs français.
Pour ce qui est de la préparation des traductions, je ne connais malheureusement personne qui puisse s’en charger ou y collaborer ; je comprends trop bien qu’il ne vous soit pas possible de tout faire vous-même, et il y aurait d’ailleurs avantage à ce que les choses se fassent aussi vite que possible. Je me demande si en écrivant de ma part à M. K. Bharatha Iyer (c/o Office of the Accountant General, Rangoon, Burma), il pourrait vous donner quelque idée à cet égard ; peut-être pourriez-vous toujours essayer…
J’espère que vous pourrez me donner bientôt d’autres nouvelles, et je vous prie, cher Monsieur, de croire à mes bien cordiaux sentiments.
René Guénon
Каир, 20 сентября 1949 г.
(перевод на русский язык отсутствует)