Le Caire, 25 août 1948
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre du 11 août, et je suis tout désappointé de ce que vous me dites au sujet de votre voyage de retour ; mais je ne peux pas dire que j’en sois très surpris, car je sais quelles difficultés il y a actuellement pour tout cela. Je ne sais pas du tout s’il est possible pour les voyageurs de sortir de l’aérodrome, et j’en doute un peu ; mais, même dans ce cas, je ne vois malheureusement pas comment nous pourrions nous rencontrer dans un temps aussi court. Il faut dire que j’habite très loin de la ville, et juste du côté opposé à celui où est l’aérodrome, si bien que, avec les communications peu faciles, il s’agit d’un véritable voyage de 2 ou 3 heures ! Par surcroît, il se trouve que, en ce moment et encore à l’époque dont il s’agit, je ne pourrais envoyer personne qui connaisse quelque langue autre que l’arabe, ce qui fait encore une complication de plus…
Je regrette bien vivement que les choses ne puissent pas mieux s’arranger et qu’il faille ainsi renoncer pour cette fois à faire votre connaissance directement ; ce qui me console seulement un peu, c’est que vous me dites que vous pensez pouvoir venir ici pour quelques jours l’an prochain.
M. Bourdariat m’avait écrit qu’il espérait vous voir à votre passage à Rome, mais, dans ces conditions, je me demande aussi s’il vous sera possible de vous y arrêter…
Je n’ai jamais rien vu de R. Bournier ; son nom ne m’est pourtant pas entièrement inconnu, et même il me semble me rappeler qu’il doit être d’origine suisse (est-ce bien exact ?), mais, chose bizarre, je ne sais plus du tout qui a bien pu me parler de lui.
Avec tous mes regrets encore pour ce fâcheux contretemps, croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes bien cordiaux sentiments.
René Guénon
Каир, 25 августа 1948 г.
(перевод на русский язык отсутствует)