Le Caire, 10 mai 1948
Cher Monsieur,
J’ai reçu il y a quelques jours votre lettre du 19 avril, et, comme vous êtes sans doute maintenant en route pour la France, si même vous n’y êtes déjà arrivé, j’y réponds à l’adresse que vous m’indiquez à Paris.
Je vous remercie d’avoir continué à vous occuper de la recherche d’un éditeur possible ; espérons que les choses pourront s’arranger avec cette maison « Hind Kitab » de Bombay. Je vois que c’est la question du papier qui semble toujours la plus difficile à résoudre ; c’est dommage que ce soit si loin de la Suède, car autrement nous aurions eu très probablement la possibilité d’en faire obtenir de ce côté, comme nous l’avons déjà fait pour Gallimard.
J’avais déjà appris par M. Bourdariat, il y a quelque temps, que vous aviez l’intention d’aller en Europe cette année, et il espérait qu’il lui serait possible de vous rencontrer. – Le travail que vous préparez en ce moment sera sûrement du plus grand intérêt ; ne pensez-vous pas à faire paraître aussi une traduction française de votre ouvrage sur les gammes ?
Si vous pouvez vous arrêter ici à votre retour, je serai très heureux, moi aussi, de cette occasion de faire votre connaissance ; je vous demanderai seulement de me prévenir assez tôt pour que je puisse vous donner un rendez-vous. Ce qui complique un peu les choses, c’est que ma maison est impossible à trouver pour quelqu’un qui n’y est pas déjà venu ; mais enfin, si vous restez quelques jours, j’espère que cela pourra s’arranger sans difficulté.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 10 мая 1948 г.
(перевод на русский язык отсутствует)