Le Caire, 27 décembre 1947
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre du 13 décembre et je vous en remercie ; je ne suis pas étonné de ce que vous me dites au sujet des difficultés d’impression et d’édition, car je crois qu’elles sont actuellement à peu près les mêmes dans tous les pays. Je suis heureux de voir que cependant vous n’abandonnez pas ce projet de traduction, et j’espère bien que vous réussirez tout de même à trouver une solution. Quant à la façon de procéder pour la traduction elle-même, ce que vous envisagez me paraît très bien ; il est bien entendu que si je puis vous aider dans quelque mesure pour rendre certains termes le plus exactement possible, je le ferai toujours très volontiers. – Pour la « tradition primordiale » j’avais toujours pensé naturellement à sanatana dharma, mais il se peut en effet que, comme vous le dites, une autre expression soit préférable dans certains cas. Il va de soi que paramparâ exprime proprement l’idée de transmission par succession ininterrompue, tandis que dharma, se réfère au contenu même de la tradition.
Merci pour la « mise au point » dont vous m’annoncez la prochaine publication dans « Siddhant » ; il me semble qu’en effet ce ne sera pas inutile pour que les lecteurs ne se fassent à mon sujet quelque idée plus ou moins fausse, ce qui serait surtout fâcheux si mes livres doivent paraître en hindi par la suite.
Vous recevrez probablement ces temps-ci une lettre de M. Roland Bourdariat, qui dirige une collection d’ouvrages sur la musique ; comme il voudrait avoir quelque chose sur la musique traditionnelle, j’ai pensé bien faire en lui donnant votre adresse, car je ne vois guère que vous qui puissiez lui donner satisfaction dans cet ordre d’idée.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 27 декабря 1947 г.
(перевод на русский язык отсутствует)