Le Caire, 3 février 1950
Cher Monsieur et ami,
M. Madero, dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre, doit partir demain pour aller prendre son nouveau poste d’ambassadeur à Paris. Il a l’intention d’aller vous voir à Amiens le plus tôt qu’il le pourra ; si cependant vous aviez vous-même l’occasion d’aller à Paris avant cela, vous pourriez très bien lui faire visite, et il vous donnerait ainsi de nos nouvelles toutes récentes. Il sera pendant les premiers temps à l’Hôtel Ritz, en attendant de s’installer d’une façon définitive ; il ne faudrait pas que son titre vous effraie, car il est très gentil et tout à fait simple. Je vous prierai de lui remettre ce que vous aurez de disponible quand il vous le demandera, car il aura la possibilité de l’employer pour le mieux.
Je me demande si Gallimard a réglé son compte après les vacances comme les autres années ; et je suis tout étonné de n’en avoir eu de nouvelles d’aucun côté ; s’il n’en a rien fait, il me semble qu’il serait grand temps de le lui réclamer ; vous serez bien aimable, la prochaine fois que vous m’écrirez, de me dire ce qu’il en est au juste.
Je me demande aussi, d’autre part, ce que fait M e
Perruchot ; ne pensez-vous pas qu’il faudrait insister de nouveau pour qu’il vous donne enfin un compte ? Vous vous souvenez sans doute qu’il ne l’a jamais donné qu’une seule fois après la guerre, c’est-à-dire il doit bien y avoir à peu près 4 ans ; depuis lors, impossible de savoir où tout cela en est… La dernière fois que je lui ai écrit, et il y a déjà longtemps de cela, je lui avais demandé aussi si l’affaire Deschamps était enfin liquidée ; mais comme à l’ordinaire, je n’ai pas eu de réponse.
Je n’ai pas eu d’autres nouvelles de Mme
Sauvage depuis ce que je vous ai dit, ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant ; vous a-t-elle écrit au sujet de la question du linge ?
J’ai reçu enfin une lettre d’Allar peu après vous avoir écrit ; il paraissait tout de même aller mieux, et il faut espérer que cela aura continué ; je ne sais pas encore s’il va pouvoir trouver le moyen de retourner se fixer à Paris comme il paraît le souhaiter.
En hâte, bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 10 мая 1950 г.
(перевод на русский язык отсутствует)