Le Caire, 30 décembre 1949
Cher Monsieur et ami,
Je viens de recevoir une lettre de Mme
Sauvage, qui a d’ailleurs été fort longtemps en route car elle date du 8 novembre ! Naturellement, elle me parle d’abord de la maladie et de la mort de sa belle-sœur, et aussi de la naissance de son 6e enfant. Ensuite, elle me dit qu’elle va prendre en dépôt chez elle l’armoire dont vous m’aviez parlé, mais il y a aussi une autre question qu’elle avait oubliée quand elle vous a vu. Il s’agit du linge et notamment des draps, choses dont elle a toujours besoin avec sa nombreuse famille ; comme il vaudrait certainement beaucoup mieux qu’elle prenne ce qui pourra lui être utile plutôt que de les laisser s’abîmer inutilement, je lui dit que je suis tout disposé à lui céder ce qu’elle voudra, et qu’elle n’aura qu’à voir elle-même dans quel état tout cela est et à arranger cette petite affaire avec vous. Je pense donc qu’elle vous écrira probablement à ce sujet ; je lui redonne d’ailleurs votre adresse qu’elle m’a dit avoir égarée. Par la même occasion, je lui demande de vouloir bien, quand elle aura un peu de temps libre, vérifier ce qui se trouve dans la malle en osier dont vous m’avez parlé, car, comme je dois vous l’avoir dit, je crains que ce ne soient des vêtements ou d’autres choses de ce genre qui risquent fort de se détériorer avec le temps.
Je n’ai vu, depuis que je vous ai écrit, aucune autre nouvelle au sujet de la question du locataire de la rue du Foix ; je pense que M e
Perruchot a dû s’entendre avec M. Gaudineau car je crois que c’est au 25 décembre qu’il devait normalement s’y installer.
Mme de S t
Point est venue nous voir la semaine dernière, et je n’ai pas manqué de lui faire la commission dont vous m’aviez chargé pour elle.
J’apprends qu’Allar est venu à Paris il y a une quinzaine et qu’il a cherché à voir Vâlsan, mais ne l’a pas trouvé, celui-ci étant allé passer quelques jours chez vous ; je suppose que ce voyage a dû se décider assez subitement, car Vâlsan lui-même ne m’en a rien dit dans sa dernière lettre, qui cependant n’est pas antérieure de beaucoup. Au sujet d’Allar, il paraît qu’il est mieux, bien qu’assez fatigué encore, et qu’il aurait l’intention de tâcher de revenir prochainement s’installer à Paris ; si c’est possible, cela vaudrait sans doute mieux pour lui, car il semble se trouver un peu trop isolé à Bruxelles, et il se pourrait bien que cela soit pour quelque chose dans cet état de dépression qui dure malheureusement depuis si longtemps déjà.
Mes meilleurs vœux, et bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 6 апреля 1950 г.
(перевод на русский язык отсутствует)