Le Caire, 11 août 1948
Cher Monsieur et ami,
Je viens de recevoir votre lettre du 2 août, la précédente ne s’est pas égarée comme vous le craigniez, et la vérité est que c’est moi qui ai quelque peu tardé à y répondre, l’ayant fait seulement le 28 juillet ; enfin, je pense que vous devez avoir ma lettre maintenant et qu’aussi vous aurez été rassuré. Naturellement, pour plus de sûreté, vous pouvez toujours mettre sur l’adresse : c/o Mr. M. Lings, comme vous l’avez fait cette fois ; mais, maintenant qu’on en a l’habitude à ce bureau, cela arrive bien sans cette indication.
Je suis content de ce que vous me dites pour Mme de S t
Point, car je craignais qu’elle n’utilise même pas tout ce qu’elle avait demandé ; je n’ai pas eu de nouvelles très précises, mais j’ai appris avant-hier qu’elle avait l’intention de repartir vers la fin de ce mois-ci ou un peu avant. Pour ce dont elle a dû vous parler, je crois qu’il devrait s’agir d’une somme équivalente à celle que vous aviez remise à Vâlsan l’an dernier, mais probablement savez-vous mieux que moi ce qu’il en est, et il va de soi qu’elle me le dira plus exactement à son retour.
Je vous remercie pour le compte, où j’ai vu avec plaisir qu’il restait actuellement beaucoup plus que je ne le pensais, grâce aux versements faits récemment par Rouhier et par Gallimard (je ne savais pas du tout ce qu’il pouvait y avoir chez de dernier). Je vois que vous avez bien reçu cette fois le mandat de Publiroc, dont je vous parlais dans ma dernière lettre. Je crois comprendre que vous n’êtes pas encore passé chez Chacornac, mais il va de soi que la somme qu’il a est toujours à notre disposition ; elle doit d’ailleurs s’être quelque peu augmentée depuis le chiffre indiqué.
Je crains comme vous qu’il ne soit bien difficile d’arriver à s’entendre avec M. Cazelles d’après sa première offre, mais enfin ce sera à voir. Je vous disais, d’après les estimations que vous m’avez indiquées, que je ne pensais pas qu’il faille descendre au-dessous de 400.000 ; vous parlez de 350.000, ce qui me paraît peu, mais enfin c’est vous qui pourrez le mieux en juger.
Allar va être finalement obligé de ramener sa mère à Bruxelles et de la faire hospitaliser ; il a fait tout ce qu’il a pu pour l’éviter, mais il faut croire que cette situation était devenue vraiment intenable et qu’il n’y a malheureusement aucun espoir d’amélioration. – Il me dit avoir appris que Vâlsan serait malade, ce qui m’inquiète, d’autant plus que je n’ai pas eu de nouvelles directes de lui depuis plusieurs mois…
Merci de vos bons vœux ; je vous adresse encore tous les miens, quoique l’Aïd soit passé maintenant !
Bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 28 декабря 1948 г.
(перевод на русский язык отсутствует)