Le Caire, 5 juillet 1948
Cher Monsieur et ami,
Nous avons reçu un mot de Mme de S t
Point nous annonçant son arrivée à Lausanne ; il paraît qu’elle s’est arrêtée 3 jours à Marseille, je ne comprends pas bien pourquoi, puisqu’elle avait tant de hâte d’en repartir ; mais vous savez probablement mieux que nous ce qu’il en est, puisqu’elle dit vous avoir écrit. Elle me dit aussi que, à son retour en France, elle vous donnera des indications plus précises au sujet de l’avenir ; je vous prierai de vouloir bien les suivre dans la mesure du possible, car cela me paraît être de nature à simplifier bien des choses.
D’autre part, j’ai reçu il y a quelques jours un mot de M. Cazelles, en réponse à la lettre que je lui avais adressée ainsi que je vous l’ai dit la dernière fois ; il dit ceci : “Je me mets immédiatement en rapport, comme vous me le conseillez, avec votre ami M. Caudron ; j’espère le voir très prochainement.” Je pense donc que vous devez avoir reçu aussi une lettre de lui et que peut-être même vous l’avez déjà vu maintenant. – À ce propos, je me suis aperçu, par ce qu’Allar m’a écrit dans sa dernière lettre, que ni vous ni lui ne paraissiez avoir compris exactement ce que j’entendais en parlant de “voie officielle” ; j’avais voulu parler d’un transfert effectué par l’intermédiaire du consulat ou de quelque autre organisme de ce genre, et c’est cela qui, comme vous le savez, ne pourrait faire mon affaire en aucune façon. Je ne sais d’ailleurs pas ce qu’il en est réellement, bien entendu ; c’est seulement la situation de M. Cazelles comme “conseiller de l’Union Française” (mais je ne sais pas au juste ce que représente ce titre) qui m’a fait penser qu’il pouvait avoir en vue quelque arrangement de cette sorte.
Chacornac m’a envoyé un nouveau compte s’élevant à 19.332 fr. au 1er mai, et Allar a reçu 5000 fr. des “Cahiers du Sud” ; quant à Rouhier, je ne sais toujours pas s’il a fait le versement promis pour “Orient et Occident”, ni s’il est arrivé à un arrangement avec Laterza et l’Université de Bordeaux pour les droits de la traduction italienne de l’“Introduction générale”.
Je n’ai eu jusqu’ici aucune nouvelle d’Allar depuis son voyage à Bruxelles ; je pense pourtant qu’il doit être revenu depuis un certain temps déjà, et je crains que son silence ne soit dû encore à de nouveaux soucis causés par l’état de sa mère.
Bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 12 сентября 1948 г.
(перевод на русский язык отсутствует)