Le Caire, 10 juin 1946
Cher Monsieur et ami,
Comme M. Lings a dû vous l’écrire dès hier, le visiteur que votre lettre lui avait annoncé est venu chez lui, mais, chose vraiment incroyable, il lui a remis seulement 10 livres au lieu de 100. Il doit y avoir là quelque malentendu ; il paraissait d’ailleurs n’avoir pas très bien compris ce qui était convenu, de sorte que je me demande ce que son fils a bien pu lui écrire. En tout cas, j’espère que celui-ci n’aura encore rien reçu, car autrement je ne sais trop comment il serait possible de récupérer la différence ; il me tarde bien d’être fixé là-dessus. Il paraît d’ailleurs que le jeune homme doit revenir ici prochainement, après avoir passé sa thèse de doctorat (je ne sais pas de quelle sorte de doctorat il s’agit) ; donc, de toute façon, il semble bien douteux que les choses aboutissent. Ainsi, il faudra probablement chercher encore une autre solution ; je crois d’ailleurs comprendre, d’après ce que Vâlsan vient de m’écrire, qu’il a à ce sujet une idée dont il vous aura sans doute fait part.
D’un autre côté, je viens de recevoir de Blois les renseignements que j’avais demandés : les clefs des 2 pièces contenant les meubles se trouvent chez Mme
René Sauvage, 28, rue du Foix (donc dans la même rue que la maison qui, comme je crois vous l’avoir dit, se trouve au 74) ; c’est le fils de cette dame dont je vous avais parlé. C’est donc là que vous pourrez vous adresser lorsque vous irez à Blois ; il serait préférable que ce soit en semaine, car, le dimanche, lui et sa famille vont souvent à une propriété qu’ils ont aux environs. Du reste, le mieux sera que vous lui écriviez quelques jours à l’avance pour prendre rendez-vous ; ils sont d’ailleurs en très bons termes avec les locataires, de sorte que, s’ils peuvent vous accompagner, cela évitera naturellement toute difficulté pour votre visite.
Chose curieuse, Mme
Lesueur, la sœur de René Sauvage, en me donnant ces renseignements (c’est toujours elle qui m’écrit pour toute sa famille), me dit avoir rencontré Duval chez la sœur de celui-ci, dont le mari est archiviste du département de Loir-et-Cher. Je comprends donc maintenant pourquoi Duval est allé à Blois ; jusqu’ici je ne savais pas du tout qu’il y avait des parents.
Je m’excuse, pour aujourd’hui, de ne vous écrire que ces quelques mots à la hâte.
À bientôt de vos nouvelles, j’espère, et toujours bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 11 июля 1947 г.
(перевод на русский язык отсутствует)