Le Caire, 25 mars 1940
Cher Monsieur et ami,
Voilà bien longtemps que nous n’avons correspond directement ; il est vrai que nous avons toujours eu des nouvelles l’un de l’autre par l’intermédiaire de notre ami Clavelle. Pourtant, je ne veux pas tarder davantage à vous remercier moi-même de tout ce que vous faites pour mes livres et de tout ce que vous vous proposer de faire encore !
D’autre part, je viens d’apprendre par Clavelle le fâcheux accident survenu à Humery ; j’avais prié celui-ci, il y a quelque temps, de voir Denoël pour la question de la réédition de mes livres ; mais, puisque cela ne lui sera pas possible sans doute d’ici longtemps encore, et puisque Clavelle me dit que vous voulez bien vous charger vous-même aussi de cette démarche, je vous envoie ci-joint une lettre que vous pourrez montrer à Denoël à cet effet. Espérons que cette affaire va pouvoir, grâce à vous, s’arranger sans trop de difficultés !
Clavelle a dû vous parler aussi de l’ennuyeuse question des Éditions Véga ; malheureusement, les choses semblent beaucoup plus compliquées de ce côté, et ce qui ne contribue pas encore à les simplifier, c’est que je suis tout à fait incapable de savoir, même approximativement, ce qui peut rester d’exemplaires de chaque ouvrage. J’ai expliqué à Clavelle ce que j’ai trouvé dans les contrats pour le droit que j’ai de racheter des exemplaires, et cela aussi est moins simple que je ne le pensais : la réduction est de 50% pour trois volumes, de 25% seulement pour un autre, de 40% pour un autre encore, et, pour le reste, il n’y a aucune clause concernant le rachat… En tout cas, si vous pensez que cela puisse être utile, je pourrai vous envoyer la copie complète des différents contrats ; mais naturellement tout cela est assez long à transcrire, et je préfère vous envoyer sans retard la lettre pour Denoël, puisque c’est évidemment cela qui est le plus urgent en ce moment.
Merci encore, cher Monsieur et ami, et bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 8 января 1946 г.
(перевод на русский язык отсутствует)