Le Caire, 30 avril 1939
Cher Monsieur,
Merci bien vivement de votre lettre et de son contenu. – Vous serez bien aimable de remercier aussi pour moi le D r
Gervy de sa contribution. Naturellement, Clavelle m’a parlé de lui, ainsi que de M elle
Cornille et de son fiancé ; ceux-ci m’ont même écrit quelques mots à l’occasion de leur entrée en Islam.
Je viens d’avoir, moi aussi, une forte grippe accompagnée d’un violent mal de gorge, et, bien que ce soit passé maintenant, il m’en reste encore une certaine fatigue ; cela n’a pas contribué à avancer mon travail ces temps-ci !
En dehors des causes physiques qui ont pu y jouer un rôle, le détachement dont vous parlez ne semble pas être une mauvaise chose en lui-même, car il y a sûrement toujours avantage à “simplifier” à bien des égards ; quant à la tendance à augmenter la part de l’“opératif”, je ne puis que l’approuver tout à fait.
Il est exact que les livres peuvent servir de support à certaines influences, surtout, semble-t-il, les vieux livres qui ont appartenu précédemment à d’autres personnes qui ont pu y laisser quelque chose d’elles-mêmes… – Puisque vous voulez vous défaire de certains de vos livres, merci de penser à moi ; je vous prierai de vouloir bien m’en donner l’indication afin que je puisse vous dire quels sont ceux qui me manquent.
J’accepte aussi pour le livre sur Abdel-Karîm El-Jîlî, que je ne connais pas, et dont je parlerai volontiers dans les “Études Traditionnelles” ; je vous en remercie à l’avance ; quel en est donc l’auteur ?
Pour la récitation des noms divins, ces nombres qui paraissent compliqués (j’en ai vu d’autres exemples) ont généralement quelque signification symbolique, quoiqu’elle ne soit pas toujours facile à déterminer exactement ; c’est surtout le cas quand ils sont composés de facteurs simples comme celui que vous me citez (2 9
× 3 × 11 2
). – D’une façon générale, c’est seulement dans des cas spéciaux qu’un nom doit être répété un grand nombre de fois ; autrement, on conseille le plus souvent de ne pas aller au-delà de 1000 fois. – Peut-être pourrai-je vous reparler de cela quand j’aurai vu le livre en question.
Moi aussi, j’ai été heureux d’apprendre le changement de situation de Sidi Aïssa ; il m’a annoncé aussi son projet de voyager dans l’Inde. – La dernière lettre que j’ai reçue d’Allar m’a fait bonne impression ; tant mieux aussi si Roty est si heureusement changé.
Pour Deb., je crois comprendre que, pour le moment, il veut surtout se rendre compte s’il pourra pratiquer les rites d’une façon suivie, car autrement je ne vois pas quel résultat il pourrait en attendre dans ces conditions “provisoires”. Pour ce qui est de se débarrasser de certaines habitudes, beaucoup pensent qu’il vaut mieux n’aller que graduellement ; mais en ce cas, s’il se produisait quelque réaction fâcheuse, il serait préférable d’interrompre les rites jusqu’à nouvel ordre.
Je viens d’apprendre de Mostaganem qu’on y a reçu aussi une lettre de Chabot, se disant bien remis (?) et annonçant son intention d’y aller prochainement ; il est fort à craindre que ce ne soit le commencement d’une “tournée” qu’il se proposait de continuer par ici. – Je vous remercie de vouloir bien essayer de lui écrire, car, même si le résultat est douteux, je ne vois que vous qui puissiez le tenter. Sûrement, il faudrait l’amener à s’adresser à Sidi Aïssa, mais il s’est déjà bien gardé de le faire lors de ses précédents voyages, et, à cet égard, cette façon de reprendre la correspondance avec Mostaganem ne me dit encore rien de bon…
Bien cordialement à vous.
Каир, 27 ноября 1945 г.
(перевод на русский язык отсутствует)