Le Caire, 31 janvier 1936
Cher Monsieur,
J’ai reçu avant-hier votre lettre du 22 janvier ; merci d’abord pour les coupons. – Pour l’envoi par colis postal, c’était très bien ainsi ; il m’est arrivé déjà plusieurs fois d’en recevoir, et je n’ai jamais eu le moindre désagrément à ce sujet.
Vous savez peut-être déjà maintenant, par ce que je vous ai écrit la semaine dernière, que Clavelle m’a bien transmis votre rapport sur Ch. ; votre lettre m’apprend la suite de l’histoire. À vrai dire, je ne croyais pas qu’il repartirait si promptement ; c’est bien certainement ce qui valait le mieux ; il est vrai qu’il doit revenir, mais du moins n’est-ce plus, si je comprends bien, avec l’intention de se fixer à Amiens. – Cette idée de séjour en Angleterre, dont vous l’avez détourné avec raison, était encore bien singulière ; comment cela avait-il bien pu lui venir ? – J’approuve tout à fait les conclusions que vous tirez de cette expérience, dans le sens d’une plus grande prudence à observer à l’avenir, et il est certain qu’il vaudrait beaucoup mieux ne pas parler de la possibilité d’un rattachement initiatique avant d’avoir plus de garanties. Vous avez raison aussi de vouloir faire part à Schuon de toutes vos remarques ; vous allez d’ailleurs le voir bientôt, si sa venue est toujours décidée pour le 3 février.
Ce que vous me dites au sujet de l’autre membre de votre groupe est vraiment extraordinaire aussi ; on a peine à imaginer un pareil ensemble de confusions et de contradictions ! Sûrement, de pareilles conditions sont aussi peu favorables que possible pour un travail profitable ; et il est évident que, en plus de la question de la qualification, il y aurait lieu d’envisager aussi celle de la préparation, surtout, comme vous le dites si l’on tient compte de l’état d’esprit occidental…
Pour la considération de la santé, je suis d’accord avec vous : il n’y a pas lieu d’en faire une condition essentielle, d’une façon générale, mais tout de même, dans des cas particulièrement graves, on pourrait tout au moins ajourner un candidat, et d’autant mieux que, en fait, il serait alors incapable de retirer un bénéfice réel de son admission immédiate.
Reste la question du thème astrologique ; Clavelle n’a pas tort, sans doute, de faire des réserves sur la valeur des résultats qu’on peut en tirer ; mais, malgré cela, je ne vois vraiment pas qu’il puisse y avoir un inconvénient à s’en servir à titre d’indication, et il me semble que c’est bien ainsi que vous l’entendez. – Il faut bien tenir compte des contingences individuelles, puisque la qualification même dépend de celles-ci ; il est évident que, s’il ne s’agissait que de la personnalité, tout le monde serait qualifié ; la question ne se pose que parce que telle individualité doit être prise comme support de la réalisation, et il s’agit en somme de savoir si elle en est capable effectivement.
Bien cordialement à vous.
Каир, 23 февраля 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)