Le Caire, 25 janvier 1936
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir des lettres de Préau et de Clavelle qui, comme je le pensais, me parlent l’un et l’autre de leur dernière rencontre avec vous. – Je vois que, malheureusement, la situation ne s’éclaircit toujours pas en ce qui concerne le journal ; je me demande ce qu’il peut y avoir là au juste, et même, en présence de ces complications, s’il ne vaudrait pas mieux que les choses s’arrangent autrement ; mais de quelle façon ? Voilà ce que je ne vois pas bien ; et puis il y a cette date du 3 février, fixée par Schuon pour sa venue à Amiens ; je ne comprends toujours pas s’il s’agit d’un simple voyage ou s’il se propose d’y rester ; et, dans ce dernier cas, que fera-t-il ? – Quant au C te de Clermont-Tonnerre, il me semble qu’un échec de sa candidature serait plutôt à souhaiter, afin de le libérer de ce genre d’activité. À part cela, il y a l’histoire de ses voyages en Afrique du Nord qui, je l’avoue, m’inquiète bien un peu, car il y a des choses qu’il n’est guère facile de concilier ; enfin, je compte surtout sur votre prudence pour arranger tout cela le mieux possible…
Un autre point noir, et vraiment bien inattendu, c’est ce que j’apprends au sujet de Chabot ; Clavelle me communique vos impressions et celles de R. A., et c’est réellement inquiétant ! Je suis tout étonné de cela après ce que Clavelle lui-même m’en avait dit quand il l’avait vu ; de mon côté, je n’ai jamais rien remarqué d’anormal dans ses lettres ; je savais seulement qu’il n’avait pas une brillante santé, mais d’ailleurs je le croyais mieux. Je me demande, dans ces conditions, ce que vous allez bien pouvoir faire de lui ; sûrement, le mieux serait qu’il ne reste pas, si vous pouvez arriver à l’en persuader ; mais encore faudrait-il, dans ce cas, qu’il n’aille pas se rejeter dans des milieux plus ou moins hétéroclites ! – Enfin, vous voyez déjà par là les difficultés du recrutement ; je crois bien qu’elles sont encore plus grandes en France que dans n’importe quel autre pays…
Une heureuse nouvelle, par contre, c’est celle des 10 réabonnements reçus de Suisse ; et c’est certainement à vous qu’est dû ce résultat ! Clavelle me dit aussi que vous avez souscrit 10 abonnements supplémentaires, comme vous en exprimiez l’intention dans votre dernière lettre, et que cela a produit la meilleure impression sur les Chacornac. – Je ne vous reparle pas de la situation présente de la revue, puisque vous êtes déjà au courant. Il paraît qu’il vient encore des désabonnements ; j’aurais pourtant pensé que cela devait être fini maintenant, mais il faut croire qu’il y avait encore un reste du passé à liquider !
Enfin, Clavelle me communique une lettre que Chacornac vient de recevoir du Mexique, et de laquelle il résulte clairement que les 2 groupes martinistes de Lyon et de Paris sont bien toujours en hostilité ; le contraire m’aurait d’ailleurs étonné ; mais cela résout la question que je posais l’autre jour…
Bien cordialement à vous.
Каир, 18 февраля 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)