Le Caire, 20 janvier 1933
Cher Monsieur,
Je reçois votre livre et veux tout de suite vous adresser tous mes remerciements pour cet aimable envoi, et pour votre dédicace vraiment trop flatteuse à mon égard… J’y joins mes meilleurs vœux, puisqu’une nouvelle année vient de commencer.
Je vais avoir grand plaisir à relire votre étude sous cette nouvelle forme ; ce que je peux dire dès maintenant, c’est que l’édition se présente fort bien et agréablement. Les deux autres parties annoncées doivent-elles paraître prochainement à leur tour ?
Depuis la dernière fois que je vous ai écrit, j’ai eu de vos nouvelles indirectement par M. Charbonneau-Lassay ; je ne savais pas que vous étiez en relation, et j’ai été fort heureux de l’apprendre. Rien de bien nouveau ici ; tout irait bien sans les soucis et les préoccupations qui me viennent toujours de France… Les attaques se font moins nombreuses en ce moment, mais cela durera-t-il ? Je ne me fais guère d’illusions là-dessus, et puis il y a toujours les autres ennuis, pour les questions d’édition notamment suscitées par cette hostilité qui prend toutes les formes et se sert de tous les moyens. Le plus fâcheux, c’est que tout cela me fait perdre un temps qui pourrait être beaucoup mieux employé à des choses plus intéressantes !
S’il vous est possible de me donner bientôt de vos nouvelles, cela me ferait grand plaisir.
Croyez toujours, je vous prie, cher Monsieur, à mes meilleurs et très distingués sentiments.
René Guénon
Каир, 20 января 1933 г.
(перевод на русский язык отсутствует)