Le Caire, 9 décembre 1939
Cher Monsieur,
Je vois que j’ai une lettre de vous qui date de plus de six mois et que, j’ai laissée jusqu’ici sans réponse, bien involontairement, car, comme vous l’avez sans doute appris, j’ai été malade pendant tout ce temps et complètement immobilisé par une crise rhumatismale dont, tout en allant beaucoup mieux maintenant, je ne suis pas même encore tout à fait remis ; enfin, puisque je peux du moins recommencer à écrire, cela me fait espérer que la fatigue qui m’en reste ne tardera plus guère à disparaître tout à fait…
Je me demande, en raison des évènements, si vous êtes toujours à Versailles ; en tout cas, ces quelques lignes vous parviendront probablement sans difficulté.
Vous me parliez de votre recherche d’un éditeur pour votre livre ; qu’en est-il advenu depuis lors ? Les choses, à cet égard, doivent assurément être encore plus difficiles maintenant que jamais. – Vous savez sans doute, à ce propos, que le « Bestiaire » de M. Charbonneau est encore une fois en suspens ; il en a été informé juste après avoir terminé en grande hâte la réfection des clichés qui avaient été égarés ; quelle malchance !
Vous me parliez aussi d’un article sur mon œuvre que vous aviez pu faire accepter à la « Nouvelle Revue Française », ce dont j’aurais dû vous remercier plus tôt si je l’avais pu. Je n’ai rien vu jusqu’ici ; cela n’a-t-il pas encore paru ? En tout cas, puisque cette revue continue à paraître régulièrement, il faut espérer qu’il ne s’agit là que d’un simple retard…
Pour la Mîmânsâ, Préau a sûrement beaucoup plus d’indications bibliographiques que moi ; avez-vous pu tirer parti de celles qu’il vous a envoyées ?
Quant au « Manuel » dont vous me parliez à la fin de votre lettre, je ne crois pas qu’on puisse l’obtenir ailleurs qu’à Mostaganem, et je suis tout étonné qu’on ne vous ait même pas répondu. J’en ai eu autrefois quelques exemplaires […]
[Page manquante]
René Guénon
Каир, 9 декабря 1939 г.
(перевод на русский язык отсутствует)