Le Caire, 12 juillet 1937
Cher Monsieur,
Merci de vos explications ; je pensais qu’on prenait toujours, pour caractériser une nativité, le signe où est le soleil, et non celui de l’ascendant, d’où mon étonnement ; il est vrai que je ne suis nullement astrologue… – Quant à la date du 22 ou 25 décembre, il semble qu’une différence de 2 ou 3 jours ne change rien au caractère de ce dont il s’agit et ne peut pas empêcher de le rapporter à l’époque du solstice. D’autre part, la date du 22 décembre n’est-elle pas déjà celle de la Saint-Jean d’hiver, qui est aussi essentiellement une « fête solsticiale » ?
Enfin, une autre question se pose encore : les points solsticiaux et équinoxiaux doivent-ils être rapportés au début des signes correspondants, comme vous l’envisagez, ou bien à leur milieu ? Certains les situent au milieu, notamment, si je ne me trompe, Saint-Yves dans son Archéomètre…
Vous avez sans doute raison de penser que je ferais bien de profiter de la réédition du « Roi du Monde » pour y mettre le plus possible des choses qui s’y rattachent plus ou moins directement ; le seul inconvénient, c’est que cet arrangement me prendra ainsi plus de temps. Il est vrai que Chacornac m’a écrit dernièrement qu’au fond il valait mieux ne pas trop se presser, ce qui me rassure un peu à cet égard, car je craignais surtout qu’il ne s’impatiente si je le faisais trop attendre.
Quant aux autres livres en projet depuis longtemps déjà, je suis bien d’accord aussi en principe avec vous, naturellement ; seulement, il faut tenir compte du fait qu’il est souvent plus facile de trouver le temps d’écrire des articles que de mettre un volume en train ; et puis, aussi, les articles répondent à des buts quelque peu différents de ceux des livres, et parfois d’une utilité plus immédiate. Le malheur est qu’un seul ne peut arriver à tout faire, et que je suis obligé de faire ce qui devrait normalement suffire à occuper plusieurs personnes ; mais quel moyen y a-t-il de remédier à cela ? Si par exemple je ne surveillais pas moi-même de près les traductions de mes livres, le résultat serait bien peu satisfaisant ; et ainsi de tout le reste…
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 12 июля 1937 г.
(перевод на русский язык отсутствует)