Le Caire, 10 avril 1936
Cher Monsieur,
J’ai trouvé votre lettre en rentrant d’Alexandrie, où je suis allé changer d’air et me reposer un peu ; c’est la première fois que cela m’arrive depuis que je suis ici !
Je suis content de savoir que ma réponse vous a donné satisfaction. Dans les circonstances actuelles plus que jamais, il y a certainement tout intérêt à se tenir à l’écart d’activités extérieures qui ne représentent que des formes diverses du désordre et du déséquilibre caractéristiques de notre époque…
Je viens de lire votre article de juillet ; j’ai à peine besoin de vous dire que je le trouve tout à fait juste.
Clavelle me dit que vous avez l’intention d’écrire quelque chose sur le Borobudur, d’après les travaux de Mers ; j’en suis très heureux, car, si j’en crois Coomaraswamy, il y a là des choses tout à fait dignes d’intérêt.
Pour mes articles sur le spiritisme, dont la traduction vous manque encore, il est vrai en effet qu’ils sont moins importants que les autres, car ils contiennent surtout, en résumé, des choses que j’avais déjà exposées avec beaucoup plus de développement dans l’« Erreur spirite ».
Excusez ce mot écrit à la hâte ; tant de choses se sont accumulées pendant mon absence que je ne sais trop comment je vais pouvoir remettre tout cela à jour.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 10 апреля 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)