Le Caire, 31 octobre 1935
Cher Monsieur,
Peu après vous avoir écrit, j’avais appris par Clavelle que vous aviez été grippé ; je suis heureux de savoir par vous-même que cela a été peu grave en somme, et je veux croire que vous ne vous en, ressentez plus du tout maintenant ; mais il est tout de même fâcheux que cela soit venu ainsi déranger tous vos projets en cette fin de vacances …
Je savais aussi le retard qui en était résulté pour votre article sur l’art grec ; il faut espérez que vous allez pouvoir enfin l’écrire bientôt, malgré toutes vos autres occupations. Mais je ne pensais pas qu’il y avait aussi des difficultés particulières tenant au sujet même ; bien entendu, si vous pensez que je puisse vous aider en quelque chose, je suis à votre disposition, et c’est bien volontiers que j’accepte que vous me le communiquiez à cet effet.
Quant aux articles d’« El-Maarifah », peut-être attendrai-je en effet que vous m’envoyiez les autres pour revoir le tout à la fois ; cela dépendra du temps dont je disposerai d’ici là, et aussi de la possibilité de retrouver les n os de la revue au cours de mes rangements, qui sont encore bien loin d’être terminés !
Pour ce qui est des autres articles que je vous ai signalés, il est certain que celui du « Christ-Roi » est, comme vous le pensez, le plus important, bien qu’il soit resté inachevé ; et je crois que c’est aussi celui que vous pourrez vous procurez le plus facilement, en vous adressant au Hiéron de Paray-le-Monial, ou peut-être plutôt à Madame Pouvert-Noaillat, 53, boulevard Heurteloup, à Tours (si toutefois elle habite bien toujours à cette adresse). – Pour l’article sur le « Théosophisme », il faudrait vous adresser à M. l’abbé Fayette, s’il est toujours vicaire à S t
François-Xavier ; il peut y avoir eu bien des changements depuis mon départ…
Je pense que M. Charbonneau doit être bien occupé en effet par les travaux de sa réinstallation ; je n’ai pas eu d’autres nouvelles de lui depuis son second départ pour Loudun, mais, à cause de cela, je n’en suis pas étonné. Il m’avait dit aussi que Desclée avait fait prendre les clichés chez lui, et cela m’a paru bon signe en effet ; il serait seulement à souhaiter qu’il ne traîne plus trop pour le tirage du prospectus, qui se fait attendre depuis si longtemps déjà.
Je suis content de ce que vous m’apprenez au sujet de M. Coomaraswamy ; sûrement, vous pourrez très bien tenir compte de ses remarques pour votre tirage à part. J’ai reçu aussi plusieurs lettres de lui en ces derniers temps, ainsi qu’un certain nombre d’articles qu’il a fait paraître dans diverses publications, et dans lesquels il se trouve toujours des choses très intéressantes à divers points de vue ; je constate d’ailleurs qu’il s’attache de plus en plus à l’esprit traditionnel. Je ne sais si je vous ai dit qu’il avait envoyé également un article pour le « Voile » ; M. Préau (qui doit être rentré à Paris cette semaine) s’est chargé d’en faire la traduction.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments bien cordiaux.
René Guénon
Каир, 31 октября 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)