Le Caire, 16 octobre 1935
Cher Monsieur,
Quelques mots seulement pour répondre sans tarder à votre lettre reçue ce matin. – Je vais rechercher, dès que j’aurai un peu de temps, le texte des deux articles qui y sont joints et tâcher de rectifier la traduction comme vous me le demandez ; je m’excuse de ne pas pouvoir le faire tout de suite, mais je pense que ce n’est pas absolument urgent… Je vous les retournerai ensuite, ou, pour économiser des envois, je chargerai Clavelle de vous les transmettre s’il se trouve que j’aie d’autres choses à lui faire parvenir en même temps.
J’ai trouvé votre dernier article très bien, et je ne vois aucune observation à y faire. Du reste, tout l’ensemble de ce n° est clairement très satisfaisant, et tout le monde s’en déclare enchanté.
Quant au n° des « Cahiers du Sud », c’est bien un peu « mêlé », et la plupart des articles sont assez superficiels ; il fallait d’ailleurs s’y attendre, et Derm. lui-même m’en avait prévenu. Il y a dans mon article quelques fautes fâcheuses qui dénaturent le sens : « exotique » pour « exotérique », « original » pour « originel », etc.
En rangeant mes papiers, j’ai retrouvé un article de moi sur le Théosophisme qui a paru en deux fois dans le Bulletin paroissial de S t
François-Xavier (novembre-décembre 1925 et juillet-août-septembre 1926). Sans doute ne connaissiez-vous pas encore cela ; ce n’est du reste qu’une sorte de résumé qui ne contient pas grand-chose de nouveau. – Également, un article sur « Le Christ Prêtre et Roi », dans la revue « Le Christ-Roi » du Hiéron de Paray-le-Monial (mai-juin 1927) ; la suite annoncée n’a jamais paru, la chose ayant coïncidé avec les incidents qui ont amené la cessation de ma collaboration à « Regnabit ». – Enfin, un article intitulé « Orient et Occident », paru dans le premier n° (janvier 1925) d’une revue appelée « Le Radeau », qui, je crois bien, n’en a eu que 2 ou 3. J’ai d’ailleurs été fort contrarié de l’allure peu sérieuse de cette revue, tout à fait différente des intentions que m’avait exposées son directeur (un juif palestinien nommé Jacques Calmy), de la note ridicule dont on avait fait précéder mon article, et des coupures qu’on y avait faites sans m’en demander l’autorisation ; à la suite de cela je me suis bien promis de ne plus jamais rien donner pour une revue nouvelle et n’ayant pas encore parue ! – Si par hasard je retrouvais encore autre chose, je ne manquerais pas de vous le signaler aussi pour compléter votre « documentation ».
Clavelle me dit qu’il ne vous a pas vu depuis quelques temps et qu’il pense que vous devez être parti pour l’Auvergne ; mais, puisque votre lettre est expédiée de Paris, je vois qu’il n’en est rien, à moins qu’il ne se soit agi d’une absence de courte durée.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments bien cordiaux.
René Guénon
Каир, 16 октября 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)