Le Caire, 21 août 1935
Cher Monsieur,
Je reçois votre lettre à l’instant ; croyez-bien que ce que je vous ai écrit au sujet de votre dernier article ne faisait qu’exprimer ce que j’en pense très réellement et très sincèrement.
C’est bien volontiers que je verrai le manuscrit de votre article sur les « origines de l’art », si vous voulez bien me l’envoyer. Seulement, je crois qu’il serait bon alors, si possible, de me l’envoyer un peu plus tôt que vous me le dites, car, si c’était au début de novembre, je ne l’aurais que vers le milieu de ce mois, et je ne vois pas comment il me serait possible de le retourner à temps pour l’impression du nº de décembre.
Je suis heureux de ce que vous me dites de mon article pour le nº spécial ; j’ai eu la chance de retrouver d’anciennes notes sans lesquelles je n’aurais guère pu faire ce travail avec le peu de temps dont je disposais. D’après ce que me dit Clavelle, le nº est maintenant entièrement composé et promet d’être très bien.
M. Charbonneau m’a appris qu’il avait enfin réussi à louer sa maison d’Orly ; il doit donc être maintenant à Loudun, où il va sans doute avoir fort à faire pour sa réinstallation. Je me demande comment, étant ainsi éloigné de Paris, il va s’arranger pour la publication de sa revue ; il ne m’a pas dit quels arrangements il avait pris à cet égard. Quant à l’édition de son livre, il y a eu quelque retard, mais il semble cependant que ce soit en bonne voie…
Je suis encore bien loin, hélas ! d’avoir fini de mettre mes livres et mes papiers en ordre ; il y a bien des jours où je ne peux pas trouver le temps de m’en occuper, de sorte que cela ne va pas vite…
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 21 августа 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)