Le Caire, 26 juillet 1935
Cher Monsieur,
Je viens de lire le « Voile » de juillet, et je tiens à vous féliciter tout de suite de votre article, dans lequel vous avez fort bien mis au point cette question si complexe des images ; je ne crois pas que la chose ait jamais été exposée si clairement sous ses divers aspects.
J’aurai seulement à relever une petite inexactitude, p. 278, note 4 : les « hadîth » sont bien les paroles du Prophète, et, en ce sens, on dit le plus souvent « hadîth sherif » ; mais l’expression « hadîth qodsî » est strictement réservée pour désigner ceux qui expriment des révélations reçues directement par le Prophète (c’est-à-dire sans l’intermédiaire de l’Archange Gabriel, ce qui les distingue des révélations qorâniques) ; c’est pourquoi ils commencent par la formule « Allah a dit… », et vous en avez un exemple dans la note de la p. 297 et un autre à la fin de la p. 301.
Peu après la dernière fois que je vous ai écrit, j’ai reçu des nouvelles de M. Charbonneau, toujours retenu à Orly malgré lui ; que de difficultés pour tout le monde en ce moment !
J’ai reçu dernièrement mes livres et papiers que je me suis fait expédier de Paris et cela vient de nous obliger à un déménagement, notre appartement étant trop petit pour tout contenir. Je vous écris donc au milieu du désordre, et je m’en excuse… Je ne sais trop combien de temps cela va me demander pour tout réorganiser ; du moins n’aurai-je plus, après cela, à constater à chaque instant l’absence de quelque chose dont j’aurais eu besoin pour mon travail !
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 26 июля 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)