Le Caire, mai 1935
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[…] et du commentaire d’Ubrie Engelberti de Strasbourg (ceux d’Albert le Grand et de S t
Thomas doivent venir dans une seconde partie), avec de nombreuses notes dans lesquelles il exprime des idées qui concordent tout à fait avec les nôtres. Quand je compare ce qu’il écrit maintenant à ce qu’il écrivait autrefois, je suis vraiment étonné du changement qui s’est produit chez lui ; du reste, il semble s’intéresser de plus en plus à mes ouvrages, et il me dit qu’il a souvent l’occasion d’en recommander la lecture autour de lui.
Pour le même article, je me permettrai seulement une petite remarque : il ne semble pas que des arts, même libéraux puissent jamais être qualifiés de « purement spirituels » (p. 2xx). Ce sont sans doute les néo-scolastiques qui emploient cette expression ; mais n’aurait-il pas été bon de faire remarquer ce qu’elle a d’abusif en pareil cas ! Je constate de plus en plus le danger qu’il y a à employer ce mot « spirituel » d’une façon vague ou impropre (ce dont les classifications simplistes inspirées par le grossier dualisme « esprit matière » sont sans doute responsables au moins pour une part), et vous avez dû voir combien j’insiste là-dessus dans mes derniers articles.
Quant à vos « Paysages Taoïstes », je trouve cela tout à fait bien ; peut-être est-il seulement à craindre que le mot « naturaliste », appliqué au Taoïsme (p. 248), ne puisse donner lieu à une équivoque, quoique la suite explique en somme suffisamment comment il faut le prendre ici.
Vous savez sans doute qu’on a dû renoncer au projet de n° sur la tradition hellénique pour août-septembre, et qu’on doit le remplacer par un n° sur la tradition hindoue ; bien entendu, on compte sur un article de vous. Pour ma part, je ne sais encore ce que je vais pouvoir faire ; il va pourtant falloir que je pense à cela sans trop tarder…
Je suis un peu étonné de n’avoir pas de nouvelles de M. Charbonneau ; voilà déjà longtemps qu’il m’avait annoncé un envoi que je n’ai pas reçu encore. Je me demande où en est maintenant la question de l’édition de son livre, et aussi s’il est encore à Orly ou s’il est arrivé à se réinstaller à Loudun comme il le souhaitait.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs
René Guénon
Каир, май 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)