Le Caire, 22 mai 1935
Cher Monsieur,
C’est à mon tour de vous dire qu’il ne fallait point prendre la peine de me remercier pour mes quelques remarques ; c’était en somme bien peu de chose, et d’ailleurs tout naturel. – Je signale d’autre part ces choses à Clavelle, avec diverses fautes d’impression, pour qu’il puisse faire faire la rectification dans les « errata ».
Je suis heureux de ce que vous me dites de votre intention d’écrire une suite de plusieurs articles ; assurément, personne ne s’en plaindra ! Et il sera en effet bien facile d’en faire ensuite un tirage à part. – Je ne sais si, pour vous en parler, j’attendrai la fin comme vous voulez bien me le dire, ou si je vous récrirai avant cela ; tout dépendra des réflexions que je trouverai à vous faire en les lisant, car la vérité est que, quand je n’écris pas certaines choses tout de suite, je crains toujours de les oublier…
J’ai reçu la semaine dernière une lettre de M. Charbonneau qui me parle des difficultés qu’il a à louer sa maison d’Orly pour retourner à Loudun comme il le voudrait, et aussi de ses craintes de voir l’édition de son ouvrage subir un plus ou moins long retard ; décidément, tout devient de plus en plus compliqué dans les circonstances actuelles ! Il me dit aussi que plusieurs théologiens ont lu son article du « Voile » et n’y ont rien trouvé à redire.
Votre brièveté est tout excusée ; je ne sais que trop bien ce que c’est que d’être surchargé de travail ! J’espère seulement qu’il vous sera possible de m’écrire plus longuement une prochaine fois, à votre temps…
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 22 мая 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)