Le Caire, 3 mai 1935
Cher Monsieur,
Je viens de lire le « Voile » d’avril, et, puisque vous m’aviez demandé de vous dire ce que je penserais de vos articles, je ne veux pas tarder à vous déclarer que je les ai trouvés vraiment très bien et très intéressants. C’est d’ailleurs en grande partie grâce à vous que ce n° a pu être ce qu’il est, puisque plusieurs autres articles qui avaient été promis de divers côtés ne sont pas venus … – On m’a dit qu’il y avait un autre article de vous qui devait paraître dans le n° de ce mois-ci.
Je me permettrai seulement de vous signaler, dans votre premier article, deux petites choses qui semblent dues à des distractions : d’abord, p. 138, « Set fils de Caïn » ; je pense qu’il s’agit là en réalité d’ Hénoch
, non pas celui qui fut enlevé au ciel, mais celui dont le nom fut donné à la première ville. Ensuite, p. 140, il y a une phrase où il est question des « quatre castes supérieures
», alors qu’il n’y a que quatre castes en tout ; l’expression « castes supérieures » s’applique d’ordinaire aux trois premières, celles des « dwijas ». – Mais, bien entendu, cela ne touche en rien au fond, qui est excellent et où je ne trouve absolument rien à reprendre …
Quant au symbolisme dont il est question dans votre second article, tout ce que vous en dites me paraît très juste également et très exact. – À ce propos, il y aurait peut-être un rapprochement à faire avec les sceaux médiévaux ayant aussi la forme « en amande » ; je me souviens que M. Charbonneau m’en a parlé autrefois ; cette forme, si je ne me trompe, était réservée aux sceaux ecclésiastiques.
Je pense que vous avez bien reçu ma réponse à votre dernière lettre, et j’espère avoir bientôt de vos nouvelles, – quoique j’en aie toujours indirectement par nos amis.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes bien cordiaux sentiments.
René Guénon
Каир, 3 мая 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)