Le Caire 26 décembre 1936
Mon bien cher ami,
Je ne veux pas tarder davantage à vous adresser tous mes vœux les meilleurs, afin qu’ils vous parviennent à peu près pour le début de l’année. Peut-être ce mot va-t-il se croiser avec une lettre de vous, mais tant pis… – Que va nous réserver cette nouvelle année ? Avec une situation aussi instable qu’elle l’est actuellement à tous les points de vue, je crois qu’il serait bien risqué de vouloir faire des pronostics quelconques ; souhaitons seulement que les choses n’en arrivent pas à se gâter tout à fait !
J’ai reçu “Apollonius” il y a une quinzaine de jours ; j’ai écrit tout de suite un mot à Mario pour l’en remercier, mais je n’ai pas encore pu trouver le temps de le lire ; il y a ainsi des périodes où je n’arrive même pas à ouvrir un livre, et vous pouvez penser s’il s’en accumule pendant ce temps-là…
Je viens de reviser la moitié de la traduction italienne de “L’Homme et son devenir”, et j’attends le reste d’un moment à l’autre. – J’ai reçu aussi, ces jours derniers, la fin de la traduction anglaise du “Théosophisme”, dont il va falloir que je m’occupe le plus tôt possible (c’est moins pressé parce que, là, il n’y a encore rien d’arrangé avec un éditeur) ; vous voyez que tout cela ne chôme pas !
Vous ai-je dit que la réédition de la “Voie Métaphysique” était parue ? – Je me suis décidément entendu avec Chacornac pour la réédition du “Roi du Monde” ; il voudrait la faire paraître en octobre prochain ; espérons que je réussirai à faire les arrangements nécessaires en temps voulu pour cela…
Nous n’avons vraiment pas chaud ces temps-ci, et tout le monde s’enrhume plus ou moins… Je me demande quel temps vous avez en France ; je souhaite qu’il ne soit pas trop rigoureux !
Très affectueusement à vous.
René Guénon
Каир, 26 декабря 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)