Le Caire, 2 janvier 1935
Mon bien cher ami,
Bien qu’il soit possible que nos lettres doivent se croiser, je ne veux pas tarder davantage à vous adresser tous mes meilleurs vœux pour cette année qui vient de commencer ! Peut-être même vous arriveront-ils déjà un peu tard, car les courriers sont bien irréguliers ces temps-ci ; je ne sais trop à quoi cela peut tenir ; enfin, il semble que tout finisse tout de même par arriver à destination, et c’est là l’essentiel…
Si vous entendez parler de troubles ici, rassurez-vous : du côté où nous habitons, on ne s’aperçoit absolument de rien. Je vous parle de cela parce que j’ai constaté que beaucoup s’inquiètent à ce sujet ; j’ai du reste été stupéfait en lisant les coupures de journaux français qu’ils m’ont envoyées ! À vrai dire, je me doute bien d’où peuvent venir ces nouvelles exagérées à dessein… En fait, il s’agissait de simples manifestations d’étudiants, qui n’auraient pas eu la moindre gravité sans certaines ingérences étrangères ; c’est exactement la même chose que ce qui se passe pour ainsi dire chaque jour dans l’Inde…
Je vous avais dit, dans ma dernière lettre, que je vous reparlerais de quelque chose, mais je ne peux plus me rappeler quoi ; n’oubliez donc pas de me redire cela.
Je me hâte, car il m’est arrivé tous ces jours-ci un énorme courrier dans lequel je ne suis pas encore arrivé à me reconnaître !
Vous serez bien aimable de transmettre mes bons souhaits à Mario et aux siens si vous les voyez ces temps-ci ; je pense bien qu’il doit être à Paris maintenant.
Rien de nouveau ici ; tout continue à bien aller.
Quel temps avez-vous à Paris ? Je souhaite que, malgré l’hiver, vos malades vous laissent un peu de repos et de liberté.
Très affectueusement vôtre.
René Guénon
Каир, 2 января 1935 г.
(перевод на русский язык отсутствует)