Blois, 5 novembre 1929
Mon cher ami,
Je suis arrivé ici vendredi comme je vous l’avais dit, et je me suis trouvé dans une maison sans eau : la pompe a été détraquée par les grands froids de l’hiver dernier ; dès que je l’avais su, j’avais écrit pour qu’on la répare, mais rien n’a été fait ; c’est souvent ainsi quand on n’est pas sur les lieux. Heureusement, j’ai des voisins qui sont très complaisants, et on a pu me trouver une femme de ménage, ce qui n’est pas toujours facile.
Comme il ne fait pas chaud du tout, je vais tâcher de rester ici le moins longtemps possible, et je pense pouvoir rentrer à Paris dimanche ou lundi. Mais il était bien nécessaire que je vienne, comme je m’en doutais, pour voir à toutes sortes de choses : histoires de locataires, baux à renouveler, notes d’ouvriers à régler, etc. ; ce sont là des occupations qui n’ont rien de bien intéressant. Avec cela, il faut que j’essaie de ranger un peu dans la maison où Françoise et sa mère ont laissé un désordre incroyable ! Il me tarde d’en avoir fini avec tout cela.
Je n’ai aucune nouvelle sensationnelle à vous apprendre, car je ne sais rien depuis que je suis ici ; et vous ? J’espère bien aller vous voir le mercredi 13.
Bien affectueusement à vous.
René Guénon
J’allais oublier : avant mon départ de Paris, j’ai eu indirectement des nouvelles de Desclausais ; il paraît qu’il a été très gravement malade par excès de travail, et que même, pendant deux mois, on désespérait presque de le sauver ; il a été soigné par Babinski. Maintenant, il est de nouveau à la pension des Francs-Bourgeois comme l’an dernier, et on m’a dit qu’il recommençait à travailler avec le même acharnement, bien qu’il ait été prévenu que ce surmenage pouvait lui être fatal.
Блуа, 5 ноября 1929 г.
(перевод на русский язык отсутствует)