17 octobre 1929
Mon cher ami,
Votre lettre est venue me montrer que j’avais eu tort de m’inquiéter ; j’aurais bien dû penser en effet que la vraie raison de votre silence était tout simplement celle que vous me dites ; mais je croyais que vous deviez rentrer à Paris un peu plus tôt.
Quant à moi, comme vous le voyez, je suis encore ici ; cela fait juste un mois aujourd’hui que j’y suis arrivé ; cela passe bien vite ! Je pensais repartir pour Paris au commencement de cette semaine, mais j’ai encore retardé de huit jours ; je dois aller à Grenoble demain et samedi. Enfin, je pense bien que je pourrai aller vous voir mercredi prochain. La semaine suivante, il faudra que j’aille à Blois, mais je tâcherai d’y rester le moins longtemps possible.
Ici, nous avons toujours un temps superbe, tout à fait extraordinaire pour la saison ; le soleil est aussi chaud qu’en plein été. Il paraît que malheureusement il n’en est pas de même à Paris…
Je suis très heureux de tout ce que vous me dites au sujet de mon livre ; oui, nous en reparlerons.
Je me suis aperçu que j’avais toujours oublié, en vous écrivant, de vous dire que j’étais enfin arrivé à trouver la trace du P. Desgodius, sur qui vous cherchiez des informations il y a déjà longtemps. Ce P. Desgodius portait le titre de “provicaire du Thibet” ; je ne crois pas qu’il ait jamais écrit un livre, mais il a fait paraître des articles sur le Bouddhisme dans une revue publiée par les missionnaires et intitulée “Revue des Religions”, dont j’ignorais tout à fait l’existence jusqu’ici. Ces articles ont paru vers 1890 ; c’est donc bien postérieur au P. Huc.
J’ai reçu ces jours-ci une lettre me demandant des renseignements sur des traductions de Proclus et autres néo-platoniciens ; je pense que Mario pourra me donner facilement ces indications ; peut-être sera-t-il là aussi mercredi prochain.
Excusez-moi de ne pas vous écrire bien longuement ; le beau temps n’engage pas à rester enfermé, et il faut profiter encore de ces derniers jours.
À bientôt donc, et très affectueusement à vous.
René Guénon
Лез Авеньер, 17 октября 1929 г.
(перевод на русский язык отсутствует)