29 septembre 1929
Mon cher ami,
Je suis un peu inquiet de n’avoir pas de vos nouvelles ; avez-vous reçu mon livre et la lettre que je vous ai écrite avant mon départ de Paris ? J’ai tout adressé au Thor comme vous me l’aviez dit ; cela vous est-il parvenu ? Sans doute n’étiez-vous pas là, et peut-être ne l’aurez-vous trouvé qu’en repassant pour rentrer à Paris, car je suppose que vous devez être rentré maintenant. Tâchez de m’écrire dès que vous le pourrez pour me rassurer et me dire comment se sont passées vos vacances, ne serait-ce qu’en quelques lignes si vous n’avez pas beaucoup de temps libre.
Quant à moi, j’ai été d’abord en Alsace comme je vous l’avais dit, et j’ai visité à peu près toute cette région. Je suis ici depuis près de quinze jours déjà, dans un endroit tout à fait isolé dans la montagne, à plus de 1000 m. d’altitude, à mi-chemin entre Annecy et Genève. Je vais beaucoup mieux depuis que j’ai quitté Paris, et ce séjour me fait tant de bien que je vais le prolonger jusque vers le 15 octobre ; vous pourrez donc m’écrire à l’adresse ci-dessus.
Il faudra que j’aille à Blois dans la seconde quinzaine d’octobre, et je ne m’arrêterai sans doute que trois ou quatre jours à Paris entre les deux voyages ; peut-être pourrai-je tout de même arriver à vous voir à ce moment-là.
Je pensais pouvoir me remettre un peu au travail ici, où, en effet, je suis tout à fait au calme ; mais je ne fais pas grand’chose, car le pays est superbe et il fait si beau temps que cela donne plus envie de se promener que de s’enfermer. Enfin, si le mieux que je ressens se maintient quand je serai de retour à Paris, je serai peut-être plus en état de travailler que je ne l’ai été cette année.
Mario est-il revenu de vacances ? Que devient l’abbé ? Faites-leur mes amitiés si vous les voyez.
Excusez-moi de vous écrire un peu brièvement ; il faut que je termine pour pouvoir donner ma lettre au facteur, car nous sommes à 7 kilomètres de la poste la plus proche.
À bientôt de vos nouvelles, j’espère, et bien affectueusement à vous.
René Guénon
Лез Авеньер, 29 сентября 1929 г.
(перевод на русский язык отсутствует)